Québec Pharmacie, février 1970: Enfin… l’unité des pharmaciens d’officine

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Contexte
Dans les années 1960, les champs de pratique se diversifient et les pharmaciens se regroupent par secteur de pratique (hôpital, industrie, communautaire) au sein de diverses associations professionnelles ayant chacune pour objectif de défendre les intérêts de leurs membres auprès du Collège des pharmaciens et du gouvernement.

Dans le secteur de la pharmacie communautaire, les pharmaciens propriétaires étaient représentés par deux associations distinctes au milieu des années 1960 : l’Association professionnelle des pharmaciens du Québec (APPQ), un syndicat professionnel formé en 1965 afin de représenter ses membres dans les négociations avec le gouvernement, et l’Association des pharmaciens détaillants (APD), une association professionnelle formée en 1939 pour défendre les intérêts économiques de ses membres. En 1970, après plusieurs mois de réflexion et de discussion, et à l’approche des négociations pour l’établissement de l’assurance-santé, les deux regroupements sont intégrés pour ne former qu’une seule entité représentant les pharmaciens propriétaires : l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

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Résumé de l’éditorial
Dans l’éditorial de février 1970, Ernest Rigassio, président de l’Association des pharmaciens détaillants, et Yves Comtois, président de l’Association professionnelle des pharmaciens, signent le premier éditorial dans Québec Pharmacie à la suite de l’intégration de leurs associations respectives au sein de la nouvelle AQPP, une entité à charte syndicale dont le siège social est établi à Montréal.

Cet éditorial vise principalement à rallier tous les pharmaciens propriétaires derrière la nouvelle association. MM. Rigassio et Comtois rappellent que les mêmes services seront toujours offerts aux membres et que les travaux de recherche, mémoires et études qui avaient déjà été entamés par l’APD seront utilisés par le nouveau comité de négociation qui sera formé. De plus, par la force du nombre, cette nouvelle association disposera d’un plus grand pouvoir de négociation auprès des compagnies d’assurance et du gouvernement dans le contexte des négociations visant la mise en place de l’assurance-santé et de l’assurance-médicaments.

Et aujourd’hui …
L’AQPP représente, en date du 31 juillet 2015, 2032 pharmaciens propriétaires répartis dans 1868 pharmacies. De plus, elle joue toujours un rôle politique en prenant position sur des enjeux qui concernent ses membres. Par exemple, en janvier 2015, l’AQPP a présenté un mémoire à l’Assemblée nationale du Québec pour affirmer son désaccord avec le projet de loi 28. Elle défend aussi les intérêts de ses membres dans la négociation des honoraires versés aux pharmaciens pour les nouveaux actes permis par la Loi 41 ainsi que dans le conflit les opposant au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en ce qui concerne le respect de l’entente conclue en avril 2015 afin de permettre le déplafonnement des allocations professionnelles pour atténuer l’impact des coupures imposées aux pharmacies dans le cadre des mesures d’austérité adoptées par le gouvernement.

Références :
AQPP. À la recherche de stratégies négociées, porteuses et durables pour le Régime général d’assurance médicaments. Mémoire présenté à la Commission des finances publiques dans le cadre des consultations sur le Projet de loi no 28, janvier 2015. [en ligne]: http://www.monpharmacien.ca/wp-content/uploads/2015/01/memoire_aqpp_-_pl_28_-_janvier_20152.pdf (page consultée le 5 février 2016).

Collin J, Béliveau D. Histoire de la pharmacie au Québec. Montréal: Musée d’histoire de la pharmacie, 1994, 333 p.

Marando N, Bussières JF. « Historique de Québec Pharmacie (60e anniversaire) », Annales de l’URPP 2014 (9 janvier): 1-54. [En ligne] http://indicible.ca/urpp/20140109_SHPQ_QUEPHARM_Article.pdf (page consultée le 5 février 2016).

Auteur :
Pierre-André Savard

Réviseur: 
Nancy Marando

Création : 19 février 2015
Mise à jour : 18 septembre 2016
Publication : 20 septembre 2016

 

 

Québec Pharmacie, septembre 2005: La déhontologie: science qui enlève la honte

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Contexte
Au milieu des années 2000, la profession pharmaceutique se retrouve au cœur d’un débat médiatique à la suite de reportages révélant que des pharmaciens propriétaires ont accepté des cadeaux, ou ristournes, de la part de sociétés pharmaceutiques et autres fournisseurs. La ministre déléguée à la Santé, aux Services sociaux et à la Condition des aînées, Julie Boulet – qui est aussi pharmacienne propriétaire – est directement visée par ces reportages et se voit contrainte de démissionner. Entre 2000 et 2003, elle aurait accepté des cadeaux de la firme Apotex et loué à prix modique des locaux à deux cliniques médicales dans l’édifice où se trouvait sa pharmacie. Pourtant, l’article 53 du Code de déontologie des pharmaciens stipule qu’un membre de la profession ne doit prendre aucune entente avec une personne autorisée à prescrire susceptible de limiter l’indépendance professionnelle de cette personne ou d’interférer avec le droit d’un patient de choisir son pharmacien1.

Ces révélations provoquent un débat sur l’indépendance des pharmaciens dans le choix de médicaments génériques pour les patients en plus de susciter des interrogations à propos des possibles conflits d’intérêt engendrés par ces pratiques commerciales. De plus, le code de déontologie de l’époque est formel: «un pharmacien doit s’abstenir de recevoir, en plus de la rémunération à laquelle il a droit, tout avantage, ristourne ou commission relatif à l’exercice de sa profession.1»

Dans la foulée de ces révélations, l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) entreprend, pour la première fois depuis 1981, une révision du code de déontologie de la profession. Le président de l’OPQ à l’époque, Jean-Yves Julien, soutient qu’il « fallait désormais placer l’indépendance professionnelle au cœur des préoccupations déontologiques. Tout patient doit être certain, quand il consulte un pharmacien, que celui-ci agit en toute indépendance, et notamment que les actes qu’il pose à son égard ne sont pas influencés par des considérations financières indues2. »

La version finale du code de déontologie, adoptée en 2008, se veut bien timide selon plusieurs pharmaciens, notamment en ce qui concerne l’encadrement des pratiques commerciales. Désormais, le code de déontologie stipule que « le pharmacien doit s’abstenir d’accepter tout avantage, ristourne ou commission mettant en péril son indépendance professionnelle », ce qui signifie qu’accepter un cadeau ou une ristourne n’est plus en soi interdit tant que l’indépendance professionnelle du pharmacien n’est pas mise en cause3.

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Résumé de l’éditorial
Dans le numéro de septembre 2005 de Québec Pharmacie, alors que s’amorce l’exercice de révision du Code de déontologie des pharmaciens, le rédacteur en chef adjoint de la revue, Jean-François Guévin, rappelle à ses collègues qu’il est primordial, pour toute profession dont la mission première est la protection du public, de réviser périodiquement les principes moraux qui la gouverne. Les révélations au sujet des pratiques commerciales de certains pharmaciens ont entaché l’image de la profession et les pharmaciens doivent maintenant faire un effort d’autorégulation pour montrer leur sens des responsabilités individuelles, mais surtout collectives et ce, même si le projet de révision du Code de déontologie est né en réaction aux révélations récentes dans les médias. Jean-François Guévin incite donc ses collègues à s’engager fermement dans le processus de révision du code de déontologie afin de redorer l’image de la profession aux yeux du grand public.

Et aujourd’hui …
Dans le cadre de la projet de loi 28 sanctionné en avril 2015, le gouvernement du Québec, dans l’objectif d’atteindre l’équilibre budgétaire, a annoncé des coupures dans les honoraires professionnels des pharmaciens qui totalisent un manque à gagner de 133 millions de dollars par année. En contrepartie, le ministre de la Santé autorise le déplafonnement des allocations professionnelles offertes par les fabricants de médicaments génériques pour permettre aux pharmaciens propriétaires d’éponger les pertes. Limitées depuis 2012 à 15% du volume d’achat d’un médicament, ces allocations pourraient être augmentées sans limite et faire en sorte que les pharmaciens propriétaires se retrouvent à la merci des fabricants de médicaments génériques, soulevant ainsi des interrogations au sujet de l’indépendance du pharmacien. Le président actuel de l’OPQ, Bertrand Bolduc, met d’ailleurs en garde ses membres à ce sujet et soutient que cette mesure est acceptable seulement si elle est temporaire. De plus, « par souci de transparence quant au déplafonnement des allocations professionnelles, les pharmaciens propriétaires devraient se doter d’une politique d’approvisionnement permettant d’expliquer aux patients les différents critères pris en considération dans le choix d’un générique par rapport à un autre4.» La perception du public quant à l’indépendance professionnelle du pharmacien est essentielle, non seulement afin d’entretenir la relation de confiance qui les patients et les pharmaciens, mais également afin légitimer les futures demandes de la profession à la partie gouvernementale dans les prochains cycles de négociation.

Références :
1. Code de déontologie des pharmaciens. Disponible en ligne : https://www.canlii.org/fr/qc/legis/regl/rlrq-c-p-10-r-7/derniere/rlrq-c-p-10-r-7.html
2. OPQ. Communiqué de presse. L’Ordre des pharmaciens fait le point, 22 novembre 2004. Disponible en ligne : http://www.opq.org/fr-CA/presse/communiques-de-presse/communiques-2004/2004-11-22-l-ordre-des-pharmaciens-du-quebec-fait-le-point/
3. « L’Ordre des pharmaciens assouplit son code d’éthique ». Le Téléjournal/Le Point. Radio-Canada, 15 novembre 2004.
4.Bolduc, Bertrand. Le déplafonnement : Acceptable seulement si la mesure est temporaire. 3 février 2016. Disponible en ligne sur Profession santé : http://www.professionsante.ca/pharmaciens/actualites/infos-professionnelles/deplafonnement-acceptable-seulement-si-la-mesure-est-temporaire-estime-lopq-33755

Auteur :
Alexandre Meunier-Sirois

Réviseur :
Nancy Marando

Création : 5 février 2016
Mise à jour : 10 août 2016
Publication : 13 septembre 2016

Musée virtuel et Fonds JF Bussières

L’Unité de recherche en pratique pharmaceutique et l’équipe de Jean-François Bussières s’intéressent à l’histoire de la pharmacie depuis plus d’une décennie. Au cours des dernières années, certains objets ont été donnés à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et à l’équipe de recherche de JF Bussières afin de constituer un fonds d’archives utile aux travaux de recherche sur l’histoire de la pharmacie et pour la mise en valeur de ces objets.

Bien qu’envisagé dès 2011 avec la mise en place de la Société, nous avons structuré notre fonds d’archives au cours de l’été 2016 avec la création de notre musée virtuel et la mise en valeur de près de 600 objets. Ce projet continuera de progresser au cours des prochaines années, notamment dans le cadre de stages à thématiques optionnelles.

On doit souligner la contribution de Catherine Raymond et Maxime Bergeron, étudiants au Pharm. D. de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et Pierre-André Savard, historien.

Afin d’apprécier ces efforts, on peut consulter

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Ce lancement du musée virtuel vise à mettre en valeur mais aussi encourager les anciens à contribuer à ce Fonds. Des activités de mise en valeur et de reconnaissance seront éventuellement organisées dans le cadre des fêtes du 100ème de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal en 2019.  Il faut notamment souligner la contribution de Hubert Brault et Pierre Ducharme, pharmaciens.

Un nouveau projet pour 2016-2017: les éditoriaux de Québec Pharmacie commentés

Une autre année s’amorce pour le blogue Histoire de la pharmacie au Québec avec un tout nouveau projet pour vous faire découvrir l’histoire de la profession sous un nouvel angle : chaque semaine, une thématique différente sera abordée à partir d’un éditorial publié dans la revue Québec Pharmacie. 

Publiée depuis 1953, la revue a d’abord été l’organe de communication des pharmaciens propriétaires, avant de devenir une publication destinée à tous les pharmaciens du Québec. Un survol des éditoriaux publiés dans la revue depuis le début des années 1960 permet de  mettre en perspective les débats qui ont marqué la profession au fil des décennies.

À l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique, la revue Québec Pharmacie a constitué une source d’information inestimable pour retracer l’histoire de la profession. Nous avons choisi de vous présenter, tout au cours de l’année, certains des éditoriaux qui nous semblent le plus pertinents pour vous entretenir au sujet de thématiques, événements et débats qui ont marqué la pharmacie au fil des ans. Vous pourrez constater que certains débats sont aujourd’hui clos, alors que d’autres thématiques ressurgissent périodiquement dans l’actualité!

Chaque éditorial sera d’abord présenté dans une fiche synthèse où sont répertoriées les citations que nous jugeons marquantes. La thématique traitée dans l’éditorial est ensuite mise en contexte pour mieux comprendre le propos de l’éditorialiste que nous résumons brièvement. Enfin, un parallèle est fait pour situer cette thématique dans l’actualité d’aujourd’hui.

Dès la semaine prochaine, et tous les mardis jusqu’à la fin du mois de juin, 40 éditoriaux vous seront donc présentés. Nous espérons que cette façon originale d’aborder l’histoire de pharmacie saura vous plaire!

Auteur:
Nancy Marando

Publication: 6 septembre 2016

 

Un été bien rempli … et plein de projets qui se poursuivent !

Pendant la période estivale, l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) a poursuivi ses travaux en histoire de la pharmacie.  Au terme de cet été, les projets suivants ont continué de progresser :

  • Québec pharmacie – éditoriaux commentés … en suivi au stage à thématique optionnelle de Alexandre Meunier-Sirois, candidat au Pharm. D. en collaboration avec Pierre-André Savard, historien et Nancy Marando, historienne, 40 blogues ont été rédigés afin de commenter l’évolution des éditoriaux rédigés dans Québec Pharmacie au cours des 60 dernières années;  le fruit de ces analyses sera publié à partir de septembre sur ce blogue
  • Le « Montréal pharmaceutique » – dans le cadre du 375ème anniversaire de la ville de Montréal et du 400ème anniversaire de l’arrivée de Louis-Hébert en Nouvelle-France en 2017, nous avons recensé les principaux bâtiments associés à l’histoire pharmaceutique de Montréal et des environs;  le fruit de ces travaux sera mis en valeur plus tard en 2017 sur ce blogue
  • Le « Lachine pharmaceutique » – dans la foulée du Montréal Pharmaceutique, nous avons amorcé une collaboration avec la Société d’histoire de Lachine, et eu le privilège de pouvoir consulter les archives.  Lachine fêtera en 2017 son 350ème anniversaire et un article sera rédigé afin de faire le point sur l’histoire de la pharmacie à Lachine.  D’autres activités sont envisagées, notamment une conférence à la Société d’histoire, un événement regroupant les pharmaciens de Lachine et une mise en valeur de ces contenus; le fruit de ces travaux sera également mis en valeur plus tard en 2017 sur ce blogue
  • Fonds JF Bussières – dès la mise en place de notre société en 2011, nous avions promis de mettre en place un outil facilitant le partage des objets pharmaceutiques qui nous sont donnés ; les conditions pour la mise en valeur de notre Fonds ont été réunies cet été avec deux étudiants en pharmacie (Catherine Raymond, Maxime Bergeron) et un historien (Pierre-André Savard) et nous lancerons prochainement cet outil qui vous permettra d’apprécier les objets pharmaceutiques recueillis jusqu’à maintenant; de plus, plusieurs de ces objets seront éventuellement mis en valeur à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal
  • Vidéo sur l’histoire de la pharmacie au Québec – déjà plus de 2200 personnes ont visionné cette première vidéo qui brosse un tour d’horizon rapide de l’histoire de la pharmacie au Québec ; la vidéo est notamment présentée en introduction au Doctorat professionnel en pharmacie à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.  L’avez-vous déjà visionnée ?  Un article sur la réalisation de cette vidéo et son utilisation en pédagogie sera publié dans Pharmacy in History plus tard cet automne.
  • Ci-dessous, les membres ayant contribué aux travaux au cours de l’été 2016

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Catherine Raymond, candidate au Pharm. D.

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Pierre-André Savard, M.Sc. Hist., historien

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Maxime Bergeron, candidat au Pharm.D.

Bonne fin d’été et bonne rentrée à tous !  JF Bussières

2007 – Implantation Pharm. D. de premier cycle

Pour l’année 2015-2016, le blogue d’histoire de la pharmacie au Québec fera un retour en arrière afin de mettre en valeur un projet réalisé en 2011 par l’équipe de recherche de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine, soit la publication de l’ouvrage intitulé De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec à l’occasion du 50e anniversaire de l’A.P.E.S. Outre cet ouvrage, le projet comprenait aussi la publication en ligne de fiches historiques de plus de 70 établissements de santé du Québec, d’un fil chronologique, d’archives documentaires et d’entrevues réalisées avec des acteurs marquants de l’histoire de la pharmacie hospitalière. Le contenu du projet est disponible sur le site de l’A.P.E.S. à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/page?a=899&lang=fr-CA.

Au cours de l’année, des extraits de l’ouvrage seront publiés sur le blogue. Près d’une quarantaine de dates ont été sélectionnées dans le fil chronologique de l’histoire de la pharmacie et chaque semaine, un événement associé à cette date sera mis en évidence. L’entrée de blogue consistera principalement d’extraits de l’ouvrage, qui est disponible dans sa version électronique à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/app/media/6433.

Cet ouvrage contient une mine de renseignements sur la pharmacie hospitalière, mais l’analyse des événements qui y sont relatés permet tout de même de mieux cerner l’évolution de la pratique pharmaceutique dans son ensemble au Québec. Nous espérons que ces lectures hebdomadaires sauront piquer votre curiosité et vous en apprendre davantage sur l’histoire de la pharmacie au Québec.


Extrait tiré de l’ouvrage De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec, p. 73-77:

Au début des années 2000, la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal envisage la possibilité de remplacer le baccalauréat par un doctorat professionnel comme nouveau diplôme d’entrée à la profession à la lumière des développements dans le domaine en Amérique du Nord. En effet, en 1993, l’AACP recommande l’adoption du doctorat professionnel comme niveau d’entrée à la pratique, prise de position qui est appuyée par presque tous les organismes pharmaceutiques américains. En 1997, l’Accreditation Council for Pharmacy Education annonce d’ailleurs que, à compter de 2001, seuls les établissements offrant un tel programme au 1er cycle seront agréés par l’Association138.

Ce dénouement a des conséquences aussi au Canada, puisque les diplômes de 1er cycle canadiens, les baccalauréats en pharmacie, ne seront plus reconnus aux ÉtatsUnis, limitant ainsi les débouchés pour les pharmaciens canadiens. Dès la fin des années 1990, les facultés de pharmacie de Montréal, Laval, Toronto et de l’Alberta étudient la possibilité de transformer leur programme de 1er cycle139.

Outre ces changements survenus en Amérique du Nord, l’évolution du contexte législatif québécois dans le domaine de la santé rend inévitable la réflexion sur le niveau d’entrée à la profession. En 2002, le projet de loi 90 entérine la refonte du Code des professions et modifie notamment l’article 17 de la Loi sur la pharmacie. En redéfinissant le champ d’exercice du pharmacien, cette nouvelle loi « met clairement l’accent sur la responsabilité du pharmacien qui porte sur l’obtention de résultats ayant un impact positif sur la santé. […] il doit à présent intervenir de façon efficace afin de détecter, de prévenir et de résoudre les problèmes reliés à la pharmacothérapie140 ». Par ailleurs, l’évolution du système de santé vers une plus grande interdisciplinarité, le virage ambulatoire et les besoins de la population en ce qui concerne les médicaments sont d’autres facteurs qui justifient, selon la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, la nécessité de transformer le programme de pharmacie141.

Le comité d’études de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, piloté par la vice-doyenne, Claude Mailhot, à qui le mandat d’évaluer la pertinence de transformer le baccalauréat en doctorat professionnel est confié en 2001, conclut à la nécessité d’implanter le programme de doctorat professionnel comme niveau d’entrée à la pratique. Cette décision suscite de nombreux débats dans le milieu pharmaceutique canadien. Beaucoup d’associations, dont le Collège canadien de pharmacie clinique, l’Association des pharmaciens du Canada et la SCPH émettent des réserves, considérant que la prolongation de la formation occasionnerait une surcharge de travail pour les pharmaciens et entrainerait des effets négatifs sur la pénurie déjà endémique dans le milieu142. Au Québec, le groupe de travail mis sur pied par l’A.P.E.S. en 2000 pour étudier la question se prononce en faveur de l’implantation du doctorat professionnel143. L’A.P.E.S. réitère son appui à ce projet en 2002, mais en exprimant quelques réserves : elle souhaite notamment que l’Université prévoit une mise à niveau de la formation accessible même à distance pour les membres de l’A.P.E.S. dans des délais raisonnables et s’inquiète de l’impact sur la charge d’enseignement déjà lourde de ses membres144. L’A.P.E.S. veut aussi s’assurer que l’implantation du programme ne crée pas de délai dans la sortie des premières cohortes en pharmacie d’établissement. Finalement, l’A.P.E.S. appuie officiellement le projet en janvier 2003 :

L’A.P.E.S. croit au contraire que l’impact sur la pharmacie d’établissement peut aussi être très bénéfique, puisque cette profonde transformation amènera des pharmaciens mieux formés et plus compétents à la maîtrise et permettra, du même souffle, de revoir tout le programme de maîtrise en pratique pharmaceutique, notamment pour les établissements145.

Le doctorat professionnel est implanté à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal en septembre 2007. Lors des consultations du Comité des études, les divers intervenants avaient exprimé le besoin que la maîtrise de plusieurs compétences soit rehaussée, notamment la communication, le travail en équipe, la gestion de la pratique, l’autoapprentissage, le professionnalisme, l’autonomie, l’initiative et le leadership, le maintien d’une place importante consacrée aux sciences fondamentales dans le programme et une meilleure intégration des connaissances146. De plus, la prise en charge de l’apprentissage par l’étudiant, l’exposition plus rapide aux milieux de pratique et une formation en milieu pratique d’une plus longue durée sont quelques-unes des autres exigences exprimées lors des consultations147.

Le programme de doctorat professionnel de 1er cycle de la Faculté de pharmacie répond à toutes ces demandes ainsi qu’aux exigences d’une profession en pleine expansion. Le programme se complète toujours en quatre ans, mais un neuvième trimestre est ajouté à la formation, en plus d’un allongement des trimestres des deux premières années. Le nombre de crédits du programme passe de 142 à 164, et ce, en grande partie à cause de l’augmentation de la proportion de la formation consacrée aux stages. Dorénavant, 40 crédits au lieu de 14 sont octroyés à la réussite de stages intégrés à la formation dès la première année d’études148. L’augmentation de la formation pratique est possible en raison de l’intégration des stages professionnels de l’OPQ au programme de doctorat, concrétisant ainsi une demande formulée par les universités depuis les années 1970. Ainsi, les étudiants ont accès au permis d’exercice dès la fin de leurs études.

L’objectif principal du doctorat professionnel de 1er cycle est de favoriser le développement des compétences des futurs pharmaciens par une approche intégrée et une formation pratique plus complète. Des méthodes pédagogiques axées sur l’apprentissage actif des étudiants sont mises en place. Le programme est structuré autour de thématiques et les cours sont répartis selon six différents modules. L’assimilation des connaissances est favorisée par la création d’activités d’intégration à chaque trimestre. De plus, l’étudiant est exposé dès la première année d’études à la pratique pharmaceutique grâce à des laboratoires et à des stages, dont la durée tout au long du doctorat passe de 14 à 40 semaines.

En 2007, pour être admis au programme de doctorat professionnel en pharmacie, l’Université de Montréal exige du candidat un diplôme d’études collégiales et la réussite des cours préalables de biologie, de chimie, de mathématique et de physique. Il doit aussi être citoyen canadien ou résident permanent, réussir l’examen d’admission lorsqu’applicable et passer une entrevue, en plus de maîtriser le français149.

Si la Faculté de pharmacie fait office de pionnier en étant la première au Canada à implanter le doctorat professionnel en pharmacie en 2007, il faut souligner les réticences observées au sein d’autres facultés de pharmacie hors Québec, incluant la Canadian Association of Pharmacy Students and Interns (CAPSI). Toutefois, la transformation du baccalauréat en pharmacie en doctorat professionnel en pharmacie aux États-Unis au début des années 2000, combinée au leadership des deux facultés de pharmacie québécoises, ont sans doute influencé l’AFPC et l’Association des doyens en pharmacie du Canada qui ont finalement donné leur soutien à la mise en place d’un programme de doctorat professionnel en pharmacie de 1er cycle à l’échelle du pays au plus tard en 2020150. La SCPH a aussi révisé sa position en publiant un document d’information sur le doctorat professionnel en pharmacie de 1er cycle en 2009151. La première cohorte de docteurs en pharmacie de 1er cycle a été diplômée en août 2011 à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.

[…]

Le doctorat professionnel à l’Université Laval
Durant les années 2000, la Faculté de pharmacie de l’Université Laval s’engage dans la réflexion de mise en place d’un nouveau programme. On parle plutôt d’un rehaussement de la formation existante que d’une refonte en profondeur associée à la création d’un doctorat professionnel en pharmacie. Les protagonistes du projet font savoir que :

Tous les intervenants et les partenaires de la Faculté ont reconnu l’importance de remodeler le programme afin qu’il développe plus adéquatement et efficacement les compétences professionnelles des étudiants. Le souhait d’intégration régulière, continue et efficace des apprentissages, de la mobilisation et de l’utilisation appropriée de ressources diverses a incité la Faculté à inscrire les travaux d’élaboration dans une logique nouvelle. […] La Faculté a fait le choix d’un programme axé sur la professionnalisation, l’interdisciplinarité et la collaboration interprofessionnelle. L’approche par compétences lui est apparue comme la solution la plus prometteuse157.

La philosophie préconisée repose notamment sur l’interdisciplinarité puisque « la Faculté considère le décloisonnement disciplinaire comme une responsabilité collective des professeurs au regard des compétences visées par le programme et nécessite une facture qui soutienne cette approche et se traduise par une intégration des apprentissages qui soit continue, concrète et efficace158 ».

Compte tenu des approbations requises, le programme de doctorat professionnel en pharmacie devrait recevoir sa première cohorte d’étudiants à l’automne 2011. Le nouveau programme comporte quatre phases représentant chacune une année pour un total de 164 crédits contre 128 pour l’ancien programme de baccalauréat en pharmacie. Si la durée du programme est inchangée (c.-à-d. quatre années et huit sessions), les sessions d’hiver des trois premières années se prolongent environ jusqu’à la mi-juin et la session d’hiver de la dernière année se termine à la fin mai. Le passage au nouveau programme prévoit un rehaussement de la taille de la cohorte de 150 à 192 étudiants. Comme à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, toutes les heures de stage sont intégrées au programme scolaire. De plus, le nouveau programme repose sur des laboratoires de pratique, un encadrement individualisé avec tuteur, etc.

Références:
138. Mailhot C, Vinet J, Moreau P, Pharand C, Crevier F, Laurier C, Paradis RG. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie de l’Université de Montréal en un programme de doctorat de 1er cycle en pharmacie (première partie). Pharmactuel 2006 (mars-avril);39(2):96.
139. Des programmes de Pharm.D. de 2e cycle existent déjà à l’Université de Colombie-Britannique et à l’Université de Toronto depuis 1992.
140. Mailhot C, Vinet J, Moreau P, Pharand C, Crevier F, Laurier C, Paradis RG. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie de l’Université de Montréal en un programme de doctorat de 1er cycle en pharmacie (première partie). Pharmactuel 2006 (mars-avril); 39(2):94.
141. Mailhot C, Vinet J, Moreau P, Pharand C, Crevier F, Laurier C, Paradis RG. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie de l’Université de Montréal en un programme de doctorat de 1er cycle en pharmacie (première partie). Pharmactuel 2006 (mars-avril);39(2):96.
142. Perrier D. Le Pharm.D. de niveau d’entrée – Est-il nécessaire. CJHP 1999 (August);52(4):216-7; SCPH. Énoncé sur l’impact potentiel de la création d’un programme de doctorat professionnel en pharmacie comme niveau d’entrée à la profession au Canada.
Ottawa, SCPH, 2002 ; Énoncé sur l’impact potentiel de la création d’un programme de doctorat professionnel en pharmacie comme niveau d’entrée a la profession au Canada. Site de la SCPH (mise à jour 2005) [en ligne] : www.cshp.ca/dms/dmsView/1_EntryLevelFR.
pdf (page consultée le 20 juin 2007).
143. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 71. PV de la 2e réunion du conseil d’administration de l’A.P.E.S., 16 juin 2000 ; Boîte 71. Dossier CA 1er décembre 2000. PV de la 3e réunion du conseil d’administration de l’A.P.E.S., 15 septembre 2000.
144. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 60. Réunion du conseil d’administration de l’A.P.E.S. 29/11/02. PV de la 4e réunion du conseil d’administration, 29 novembre 2002.
145. Lussier-Labelle F. Une transformation nécessaire. Pharmactuel 2006 (mars-avril);39(2):63.
146. Mailhot C, Vinet J, Moreau P, Pharand C, Crevier F. Laurier C, Paradis RG. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie de l’Université de Montréal en un programme de doctorat de 1er cycle en pharmacie (première partie). Pharmactuel 2006 (mars-avril);39(2):92.
147. Mailhot C, Vinet J, Moreau P, Pharand C, Crevier F. Laurier C, Paradis RG. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie de l’Université de Montréal en un programme de doctorat de 1er cycle en pharmacie (première partie). Pharmactuel 2006 (mars-avril);39(2):93.
148. Université de Montréal – Faculté de pharmacie. Dossier de présentation. Transformation du programme de baccalauréat…, p. 6.
149. Université de Montréal – Faculté de pharmacie. Dossier de présentation. Transformation du programme de baccalauréat…, p. 128-129. Le candidat dont les études antérieures (préuniversitaires et universitaires) n’ont pas été totalement faites en contexte francophone doit réussir le test de connaissance du français (TCF) prescrit par l’Université.
150. Position Statement on a doctor of pharmacy degree as an entry-level
to practice. Site du CPhA [en ligne] ; http://www.pharmacists.ca/
content/about_cpha/who_we_are/policy_position/pdf/PharmD %20
Entry %20Level.pdf (page consultée le 20 février 2011). Information paper. Entry-level doctor of pharmacy degree in Canada : information paper on the potential impact on pharmacy services. Site de la SCPH [en ligne] : http://www.cshp.ca/productsServices/
officialPublications/type_e.asp (page consultée le 20 février 2011).
151. Information paper. Entry-level doctor of pharmacy degree in Canada : information paper on the potential impact on pharmacy services. Site de la SCPH [en ligne] : http://www.cshp.ca/productsServices/
officialPublications/type_e.asp (page consultée le 20 février 2011).
[…]
157. Dubois B, Racicot J, Dionne A. Le nouveau doctorat de 1er cycle à l’Université Laval de Québec. Pharmactuel 2009 (Juin) ; 42 (Suppl. 1):12.
158. Dubois B, Racicot J, Dionne A. Le nouveau doctorat de 1er cycle à l’Université Laval de Québec. Pharmactuel 2009 (Juin) ; 42 (Suppl. 1):12

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Cet article met fin à notre série de publications d’extraits de l’ouvrage De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière  pour l’année 2015-2017.

Nous serons de retour à la rentrée pour vous présenter nos nouveaux projets.

Bon été!

Auteur:
Nancy Marando

Création: 21 juin 2016
Publication: 21 juin 2016

1993 – Introduction des soins pharmaceutiques aux programmes de 1er cycle

Pour l’année 2015-2016, le blogue d’histoire de la pharmacie au Québec fera un retour en arrière afin de mettre en valeur un projet réalisé en 2011 par l’équipe de recherche de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine, soit la publication de l’ouvrage intitulé De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec à l’occasion du 50e anniversaire de l’A.P.E.S. Outre cet ouvrage, le projet comprenait aussi la publication en ligne de fiches historiques de plus de 70 établissements de santé du Québec, d’un fil chronologique, d’archives documentaires et d’entrevues réalisées avec des acteurs marquants de l’histoire de la pharmacie hospitalière. Le contenu du projet est disponible sur le site de l’A.P.E.S. à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/page?a=899&lang=fr-CA.

Au cours de l’année, des extraits de l’ouvrage seront publiés sur le blogue. Près d’une quarantaine de dates ont été sélectionnées dans le fil chronologique de l’histoire de la pharmacie et chaque semaine, un événement associé à cette date sera mis en évidence. L’entrée de blogue consistera principalement d’extraits de l’ouvrage, qui est disponible dans sa version électronique à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/app/media/6433.

Cet ouvrage contient une mine de renseignements sur la pharmacie hospitalière, mais l’analyse des événements qui y sont relatés permet tout de même de mieux cerner l’évolution de la pratique pharmaceutique dans son ensemble au Québec. Nous espérons que ces lectures hebdomadaires sauront piquer votre curiosité et vous en apprendre davantage sur l’histoire de la pharmacie au Québec.


Extrait tiré de l’ouvrage De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec, p. 72-77:

À compter du début des années 1990, la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal réalise deux refontes majeures de son programme, l’une en 1992 pour y introduire le concept de soins pharmaceutiques, et l’autre en 2007 pour transformer le baccalauréat en doctorat professionnel afin d’ajuster le programme de formation aux nouvelles exigences de la réforme professionnelle et de la mise à jour du Code des professions en 2003. Au début des années 1990, les dirigeants de la Faculté de pharmacie mettent sur pied un nouveau programme afin d’y intégrer le concept de soins pharmaceutiques. L’objectif est d’assurer une meilleure intégration des connaissances, de développer l’autonomie des étudiants et d’augmenter la portion de la formation pratique. Dans un rapport d’un comité de travail sur ce projet de refonte, on peut lire :

Le manque d’intégration multidisciplinaire a été maintes fois souligné par les professeurs comme par les étudiants. Le programme devrait développer, plus qu’il ne le fait maintenant, la capacité des étudiants à utiliser leurs connaissances pour prendre des décisions face à des problèmes concrets. Finalement, étant donné le rythme rapide de renouvellement des connaissances, il importe pour l’étudiant d’acquérir des attitudes et des méthodes de travail le préparant à se remettre constamment à jour132.

La refonte, entreprise en 1992 et implantée à compter de l’automne 1993, entraîne un remaniement complet du cursus : des cours sont abolis, fusionnés ou modifiés et d’autres sont créés, dont les cours de communication et de management et marketing en pharmacie. Parmi les principales modifications au programme, notons l’ajout des cours de « Démarche pharmaceutique » qui visent l’intégration des connaissances, de deux cours de pharmacothérapie répartis sur deux trimestres, ainsi que la création des cours « Ateliers de pharmacothérapie » et « Phytothérapie ». Les quatre cours de « Démarche pharmaceutique », introduits dès la deuxième année du baccalauréat, sont basés sur une nouvelle méthode d’apprentissage, soit la méthode de résolution de problèmes par groupes d’étudiants. Par ailleurs, au cours des troisième et quatrième années, des rencontres encadrées par un moniteur ont lieu chaque semaine et prennent la forme de laboratoires de pratique ou d’ateliers de pharmacothérapie. De plus, un cours de communication est introduit au programme. Se déroulant dans l’un des premiers laboratoires de pratique pharmaceutique du Canada qui compte 14 bureaux de pharmaciens, ce cours permet aux étudiants de simuler une entrevue avec un patient.

Ainsi, le nombre de crédits du programme de 1er cycle passe de 131 à 142. La portion de crédits accordés pour la réalisation du stage clinique double pour passer à 14. Dorénavant, les étudiants doivent obligatoirement compléter deux stages de sept semaines chacun autant en milieu communautaire qu’hospitalier. Le stage en établissement de santé permet à l’étudiant de prendre en charge la thérapie de patients pour lesquels des plans de soins doivent être établis et transmis au pharmacien communautaire au congé de l’hôpital. L’étudiant doit aussi réaliser une activité de rayonnement dans son milieu, qui peut être une présentation sur un sujet lié à la pharmacothérapie, une présentation de cas ou encore la rédaction d’un article scientifique133.

Le programme est de nouveau révisé en 1997. Seules des modifications mineures y sont faites afin de faire les ajustements requis. Ainsi, le contenu de cours théoriques et des laboratoires est révisé, certains cours sont harmonisés et déplacés pour optimiser les apprentissages, plusieurs cours à option sont créés (p. ex. : pharmacothérapie mère-enfant, pédiatrie, etc.), les méthodes pédagogiques sont mises à jour et le nombre de crédits accordés pour les cours de pharmacothérapie est augmenté. Par ailleurs, un programme de formation et d’évaluation des cliniciens associés est aussi mis sur pied134.

Si la Faculté considère que l’augmentation du temps consacré aux stages cliniques pendant les études est essentielle à la formation des étudiants en pharmacie, il devient évident, à la fin des années 1990, que les autorités universitaires ne considèrent pas cet aspect indissociable de la formation en pharmacie. Alors que des sommes avaient été promises par l’Université au moment de la réforme du programme en 1993 pour assurer le remboursement des frais inhérents aux stages dans les milieux de formation, la Faculté n’a toujours pas reçu, en 1997, tous les montants promis. À la fin des années 1990, la Faculté fait face à une diminution importante de son budget qui l’oblige à recourir à des dons de l’industrie pharmaceutique pour limiter l’impact du sous-financement de la Faculté. Le sous-financement de la Faculté amène cette dernière à annoncer, dès l’été 1997, une suspension du financement des stages cliniques dans les centres hospitaliers universitaires à compter de janvier 1998. Situation que le doyen de la Faculté, Robert Goyer, considère « préoccupante parce qu’elle nous force à nous questionner si nous devons ou non maintenir intégralement la formation clinique prévue à nos programmes académiques qui ont été, faut-il le rappeler, adoptés par l’Université avec promesse de financement135 ». Il dénonce aussi que la formation clinique des pharmaciens ne soit pas reconnue par l’Université :

Plusieurs considèrent que ce léger recul financier constitue en fait un exploit puisque le budget de l’Université a diminué de près de 25 % durant cette période. À mon avis, ce n’est là qu’une illusion puisque la Faculté de pharmacie était et demeure sous-financée par notre institution. Ainsi, l’accroissement du corps professoral prévu a été réduit à la baisse (32 à 28 postes de professeurs réguliers) et les engagements de l’Université, en vue de favoriser l’implantation du nouveau programme, n’ont pas été tenus, et ce, plus particulièrement en ce qui concerne la formation clinique. Notre faculté est donc la seule parmi toutes les facultés de la santé qui n’a pas à proprement un budget pour la formation clinique en milieu hospitalier et communautaire, ce qui nous oblige à réduire la contribution facultaire pour la formation clinique dans certains hôpitaux, voire, de la cesser complètement dans les hôpitaux à vocation universitaire136.

Au cours de l’année 1998, l’Université accepte de réviser les budgets et accorde un montant non récurrent pour permettre à la Faculté de financer la réalisation des stages dans les milieux cliniques137. Cette somme n’est toutefois pas récurrente et les montants doivent être négociés annuellement.

[…]

En route vers l’implantation d’un doctorat professionnel à l’Université Laval
Au cours des années 1990, l’intérêt porté à la philosophie des soins pharmaceutiques a aussi un impact sur l’orientation de l’École de pharmacie de l’Université Laval, qui devient une Faculté de pharmacie en 1997. Lors de l’élaboration du plan directeur quinquennal 1992-1997, l’École se dote d’une nouvelle mission éducative afin de tenir compte des besoins de la société en ce qui concerne l’enseignement en pharmacie. Ainsi, la mission éducative adoptée en 1993 spécifie que l’École doit « fournir à la société des pharmaciennes et des pharmaciens capables de répondre aux nouveaux besoins de la société en soins pharmaceutiques, de contribuer au développement des connaissances par la recherche et d’assurer la relève au niveau du corps professoral de l’École152 ». Elle s’engage donc auprès de ses étudiants à leur « fournir une solide formation en sciences pharmaceutiques et cliniques tout en leur permettant de développer des attitudes scientifiques et morales inspirées de la méthode scientifique et d’un sain humanisme; de stimuler le développement des connaissances en sciences pharmaceutiques et pharmacologiques, de même qu’en pharmacie sociale et en pharmacoéconomie et de promouvoir la formation continue en développant des programmes qui répondent à un besoin de mise à jour continue des connaissances des pharmaciennes et des pharmaciens153 ».

Dans ce contexte, le programme de 1er cycle est remanié en 1993 afin d’amener l’étudiant à adopter une approche centrée sur le client plutôt que sur le produit. Le programme doit contribuer à la formation de pharmaciens capables de faire la promotion de l’usage optimal des médicaments pour améliorer la qualité de vie des patients, et de travailler en collaboration avec les autres professionnels de la santé pour promouvoir la santé tout en s’adaptant aux changements technologiques et sociologiques154. Bien que le nombre total de crédits demeure à 128, le nombre de crédits obligatoires passe de 95 à 98 en raison de l’ajout d’un stage en milieu communautaire dans le cadre du trimestre clinique qui fait passer la valeur de ce cours de 12 à 15 crédits. Un cours de communication supplémentaire est aussi ajouté au programme. La refonte a lieu dans le but « d’impliquer davantage l’étudiant dans sa formation et d’implanter de nouvelles méthodes pédagogiques actives comme l’apprentissage par problèmes et les études de cas155 ». En effet, l’École innove en implantant ces formules d’enseignement basées sur la rétroaction entre le superviseur et des groupes d’environ dix étudiants, qui visent à développer l’autonomie de ces derniers.

Ainsi, le processus d’intégration du concept des soins pharmaceutiques au programme de 1er cycle s’échelonne, en fait, sur plusieurs années, jusqu’à la fin de la décennie 1990. D’abord, en 1994, les cours de physique pharmaceutique I et II, de formes pharmaceutiques, de technologie des émulsions et suspensions et de technologie pharmaceutique sont revus et intégrés dans les cours de sciences pharmaceutiques I à III et les cours de biopharmacie, pharmacologie I et II, de pharmacocinétique et d’antibiotiques sont revus et intégrés dans les cours de pharmacologie et toxicologie I à III.

L’École a dû apporter de nouveaux changements au programme de 1er cycle en 1996 pour répondre aux changements dans le réseau de la santé ainsi qu’aux besoins créés par l’implantation des soins pharmaceutiques. Ainsi, en plus d’introduire l’approche des soins pharmaceutiques dans les cours de pharmacothérapie, l’École « a aussi pris à sa charge les cours de physiologie pour les adapter à la réalité de la pratique en pharmacie et pour permettre une meilleure intégration avec les cours de pharmacologie. La diversité du corps professoral permettra de mettre sur pied un cours de biochimie intégrée156 ». Ainsi, en 1997, les cours d’anatomie et de biologie humaine I à IV et d’endocrinologie sont refondus dans quatre cours de physiopathologie I à IV, les cours de pharmacothérapie I et II, les études de cas, les cours de dermatothérapie et de pathologie I et II sont revus et intégrés dans les cours de pharmacothérapie I à IV. En outre, un cours de communication est revu à la faveur de deux cours de consultation pharmaceutique I et II, un cours d’éthique et bioéthique est créé et un cours de thérapie parentérale est ajouté afin de préparer l’étudiant à son trimestre clinique.

Références:
132. Archives personnelles de P. Robert. Projet de réforme du baccalauréat en pharmacie présenté à la COMET le 1er décembre 1992 (accepté à l’unanimité). Sous-comité ad hoc sur la Démarche. La démarche pharmaceutique. Objectifs et modalités d’une nouvelle activité
d’apprentissage. Avril 1992.
133. AUM. Fonds E63. 6122, 173-2-6-3. Université de Montréal – Faculté de pharmacie. Enseignement clinique I. PHM 4871 : Établissement de santé. Manuel du clinicien associé. 1999-2000. Juin 1999.
134. Université de Montréal, Dossier de présentation. Transformation du programme de baccalauréat en pharmacie en un programme de doctorat professionnel de 1er cycle en pharmacie, 4 novembre 2004, p. 26.
135. AUM. Fonds E63. 6128. 173-2-7-3. Correspondance du doyen. Lettre du doyen, Robert Goyer, à Dr Bruce R. Schnell, directeur exécutif du Conseil canadien de l’agrément des programmes de pharmacie, concernant les modifications apportées au programme de 1er cycle, 17 avril 1998.
136. AUM. Fonds E63. 6128. 173-2-7-3. Correspondance du doyen. Lettre du doyen, Robert Goyer, à Dr Bruce R. Schnell, directeur exécutif du Conseil canadien de l’agrément des programmes de pharmacie, concernant les modifications apportées au programme de 1er cycle, 17 avril 1998.
137. AUM. Fonds E63. 6128, 17-3-2-7-3. Dossier Correspondance du doyen. Lettre de Robert Goyer, doyen de la Faculté de pharmacie, aux départements de pharmacie concernant l’enseignement clinique au 1er cycle, 22 juin 1998.
[…]
152. AUL. Faculté de pharmacie. Université Laval – École de pharmacie. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 13.
153. AUL. Faculté de pharmacie. Université Laval. École de pharmacie. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 13.
154. AUL. Faculté de pharmacie. Université Laval. École de pharmacie. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 14.
155. EAUL. Faculté de pharmacie. Université Laval – École de pharmacie. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 40.
156. AUL. Faculté de pharmacie. Université Laval – École de pharmacie. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 40.

Auteur:
Nancy Marando

Création: 21 juin 2016
Publication: 21 juin 2016

La pharmacie en objets …

2017 marquera le 400ème anniversaire de l’arrivée de Louis-Hébert, premier apothicaire de Nouvelle-France. 2017 marquera aussi le 375ème  anniversaire de la fondation de Montréal et le 150ème anniversaire de la Confédération. De plus, Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal fêtera son 100ème anniversaire en 2019. Dans le cadre de ces anniversaires, nous travaillons au projet « La pharmacie en objets ».

Dans le cadre de nos recherches en histoire de la pharmacie québécoise, la mise en valeur du patrimoine pharmaceutique est un de nos objectifs. Nous sommes actuellement en train d’inventorier la collection d’objets anciens recueillis jusqu’à maintenant dans le cadre des travaux de JF Bussières et coll.  Nous lançons un appel à tous afin d’enrichir cette collection d’autres artéfacts. Nous sommes intéressés par tous les objets relatifs à l’histoire de la pharmacie : mortiers, pilons, balances, piluliers, vieilles ordonnances, contenants de médicaments, livres, relevés de compte, registres des ventes, correspondances, publicités, vêtements, meubles, etc.

Notre travail consiste à recueillir les dons, les inventorier, les analyser et retracer l’histoire de ces artéfacts afin qu’ils ne tombent pas dans l’oubli. Ultimement, certains objets d’intérêt seront exposés dans une armoire vitrée au hall d’entrée de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. Ce projet mettra ainsi en valeur le patrimoine pharmaceutique du Québec et sensibilisera les étudiants, les pharmaciens et le public à l’histoire de la pharmacie.  Des activités pédagogiques seront réalisées autour de cette collection, tant en pharmacie qu’auprès d’autres publics cibles.

  • Vous détenez une partie de ce patrimoine pharmaceutique et souhaitez en faire un don à la Faculté de pharmacie
  • Vous avez des choses à nous dire afin de mettre en valeur ce patrimoine
  • Écrivez à bussieres@umontreal.ca et nous vous contacterons très bientôt !

20130209 CHUSJ Bouteille verre

Projet Montréal Pharmaceutique … vous pouvez nous aider !

2017 marquera le 400ème anniversaire de l’arrivée de Louis-Hébert, premier apothicaire de Nouvelle-France. 2017 marquera aussi le 375ème anniversaire de la fondation de Montréal et le 150ème anniversaire de la Confédération. Dans le cadre de ces anniversaires, nous travaillons au projet « Montréal pharmaceutique ».

L’aspect commercial de la pharmacie a permis la construction de nombreuses officines où acheter et recevoir des conseils pharmaceutiques. Ensemble, ces bâtiments forment un patrimoine immobilier quelque peu oublié. Pourtant, de nombreuses officines sont d’intérêts historiques par leur concept commercial novateur, leur style architectural original ou leur renommée. Dans le cadre du projet « Montréal pharmaceutique » nous cherchons à remettre en valeur le patrimoine pharmaceutique de la région de Montréal.

Nous sommes à la recherche de témoignages, d’images, de photos et de toutes informations permettant de retracer et de raconter l’histoire de ces pharmacies. Un site internet dédié à ce projet sera ultérieurement créé. Il proposera l’histoire des bâtiments, des photos de ces derniers ainsi que des parcours piétonniers relatifs à l’histoire de la pharmacie montréalaise.

  • Vous êtes pharmaciens retraités ou actifs
  • Vous avez des choses à nous dire
  • Vous avez des choses à nous donner
  • Envoyez-nous un courriel à jf.bussieres@ssss.gouv.qc.ca et nous vous recontacterons très bientôt

Jean-François Bussières, pharmacien, Pierre-André Savard (historien), Catherine Raymond, étudiante au Pharm D

Immeuble central UL à Montréal

Années 1970 – Introduction de la pharmacie clinique dans les programmes de pharmacie de 1er cycle

Pour l’année 2015-2016, le blogue d’histoire de la pharmacie au Québec fera un retour en arrière afin de mettre en valeur un projet réalisé en 2011 par l’équipe de recherche de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine, soit la publication de l’ouvrage intitulé De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec à l’occasion du 50e anniversaire de l’A.P.E.S. Outre cet ouvrage, le projet comprenait aussi la publication en ligne de fiches historiques de plus de 70 établissements de santé du Québec, d’un fil chronologique, d’archives documentaires et d’entrevues réalisées avec des acteurs marquants de l’histoire de la pharmacie hospitalière. Le contenu du projet est disponible sur le site de l’A.P.E.S. à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/page?a=899&lang=fr-CA.

Au cours de l’année, des extraits de l’ouvrage seront publiés sur le blogue. Près d’une quarantaine de dates ont été sélectionnées dans le fil chronologique de l’histoire de la pharmacie et chaque semaine, un événement associé à cette date sera mis en évidence. L’entrée de blogue consistera principalement d’extraits de l’ouvrage, qui est disponible dans sa version électronique à l’adresse suivante :http://apesquebec.org/app/media/6433.

Cet ouvrage contient une mine de renseignements sur la pharmacie hospitalière, mais l’analyse des événements qui y sont relatés permet tout de même de mieux cerner l’évolution de la pratique pharmaceutique dans son ensemble au Québec. Nous espérons que ces lectures hebdomadaires sauront piquer votre curiosité et vous en apprendre davantage sur l’histoire de la pharmacie au Québec.


Extrait tiré de l’ouvrage De l’apothicaire au spécialiste. Histoire de la pharmacie hospitalière au Québec, p. 67-71:

Dès la fin des années 1960, plusieurs modifications sont apportées au programme de 1er cycle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal pour y intégrer le concept de pharmacie clinique. Bien qu’au départ, l’approche ait été plus théorique, des stages cliniques ont été intégrés au programme et ont permis d’appliquer le concept non plus seulement au milieu hospitalier, mais aussi en milieu communautaire. Jusqu’au début des années 1990, différentes formules ont été mises en place pour parfaire la formation des étudiants de 1er cycle en pharmacie clinique.

La Faculté doit revoir son programme de 1er cycle en 1969 principalement pour l’adapter à l’arrivée des premiers étudiants de niveau collégial dans ses rangs. Le rehaussement de la qualité de la formation des nouveaux étudiants permet à la Faculté d’éliminer de son cursus les cours maintenant enseignés au niveau collégial (chimie, physique, biologie, mathématiques) et d’amorcer directement l’enseignement pharmaceutique en première année89. Des matières telles l’anatomie, la physiologie, la pathologie, les sciences biopharmaceutiques (incluant la pharmacocinétique) ainsi que certains cours tels pharmacie d’hôpital, radiopharmacie et pharmacie clinique, auparavant offerts au 2e cycle dans le cadre du diplôme de pharmacie d’hôpital (DPH), peuvent maintenant être intégrés au niveau du 1er cycle90.

Ces changements s’accompagnent aussi d’une restructuration complète du programme de 1er cycle qui comporte maintenant un minimum de 120 crédits. Dans un premier temps, les trois orientations offertes aux étudiants de quatrième année sont abolies en faveur d’une structure plus souple permettant à l’étudiant de concevoir un parcours correspondant mieux à ses besoins. Les cours obligatoires sont concentrés en première année et l’étudiant doit choisir, à compter de la deuxième année, avec l’aide d’un tuteur, des cours optionnels parmi les orientations pharmacie communautaire, pharmacie d’hôpital, pharmacie industrielle et recherche91. Cette façon de faire donne accès à un plus grand nombre de cours et offre une plus grande liberté aux étudiants. Ceux qui désirent poursuivre leur formation en pharmacie hospitalière doivent cependant compléter les cours de bactériologie, produits stériles, pharmacie d’hôpital92 et radiopharmacie, qui sont des préalables au DPH93.

L’une des principales innovations de ce programme est l’introduction d’un cours obligatoire de pharmacie clinique (Pharmacie clinique I) de trois crédits offert au huitième trimestre. Malgré la tendance à l’intégration de stages cliniques obligatoires dans les programmes de pharmacie à l’échelle nord-américaine, la Faculté de pharmacie adopte plutôt une approche théorique basée sur les histoires de cas94. Offert pour la première fois en 1972, ce cours intègre différents aspects liés à la pharmacie clinique tels l’information pharmacologique, le dossier patient, les critères de sélection des médicaments, les réactions adverses et incompatibilités et le choix du traitement. De plus, le cours comprend une session de laboratoire au cours de laquelle sont discutées les histoires de cas en compagnie des professeurs de la Faculté95. Il est entendu que ce cours contenait « très peu de matière nouvelle mais cherchait plutôt à intégrer l’ensemble [des] connaissances [de l’étudiant] et à les appliquer à une situation donnée96. »

Cette refonte du programme se déroule cependant sur fond de crise à la Faculté de pharmacie. La sélection d’un nouveau doyen en 1968 divise le corps professoral et envenime les relations entre les professeurs et l’administration de la Faculté. Ce climat tendu a des répercussions sur les étudiants qui dénoncent le manque de transparence de l’administration, la mauvaise conception du nouveau programme et la communication déficiente des changements aux étudiants. Face aux revendications de ces derniers, la Faculté se soumet à une enquête menée par la Direction des services aux étudiants de l’Université de Montréal qui conclut en effet que les transformations au programme ont été mal implantées par la direction et que l’interprétation des changements diffère d’un professeur à l’autre. De plus, en implantant la promotion par matière, les dirigeants de la Faculté n’ont pas tenu compte de l’impact de cet élément sur le parcours des étudiants97. Cette crise contribue au départ du doyen Jérémie Tremblay, qui est remplacé par M. Julien Braun. Elle constitue aussi le point de départ d’un remaniement du programme.

Ainsi, un nouveau programme est mis en place en 1973- 1974 pour introduire un stage clinique au cursus. Ce stage d’une durée de six semaines et d’une valeur de cinq crédits est offert au dernier trimestre du programme, dans le cadre du cours Pharmacie clinique II98. Ainsi, l’étudiant qui a suivi le premier cours de pharmacie clinique, dont le contenu demeure plutôt théorique, peut ensuite s’inscrire à un second cours de pharmacie clinique auquel est intégré le stage clinique99. Le stage clinique est d’abord offert aux étudiants du profil pharmacie hospitalière et se déroule dans quatre hôpitaux de Montréal. Pendant 14 semaines, les hôpitaux Maisonneuve-Rosemont, Sainte-Justine, Royal Victoria et Notre-Dame accueillent chacun deux groupes d’étudiants qui sont intégrés aux équipes de soins sur les unités médicales100. Le stage clinique est offert pour la première fois, à compter de 1975, aux étudiants des profils autres que pharmacie hospitalière et s’avère alors fort populaire, attirant 85 étudiants. Cet achalandage force les responsables de la Faculté à recruter de nouveaux milieux de stages, ce qui fait que certains étudiants complètent le stage dans des centres d’accueil101. Au cours du stage, les étudiants participent aux tournées médicales et assistent aux réunions scientifiques, ce qui leur permet d’intervenir auprès de l’équipe de soins et de renseigner les patients sur leur médication au moment de leur départ de l’hôpital. Généralement, la collaboration est bonne de la part des médecins et le stage contribue à les sensibiliser au rôle du pharmacien dans l’équipe de soins. Les étudiants participant au stage doivent aussi exposer quatre histoires de cas, travailler à une recherche bibliographique sur un sujet de leur choix et participer à un club de lecture102.

En 1976, la Faculté procède à une autre réforme de son programme de 1er cycle, qui porte à 111 le nombre de crédits de cours obligatoires, alors que 18 crédits supplémentaires sont liés aux segments particuliers à chacun des champs de spécialisation (communautaire, hôpital, industrie, recherche)103. Dorénavant, deux cours de pharmacie clinique sont offerts et deviennent obligatoires pour tous les étudiants. Le stage clinique devient pour sa part un cours distinct qui exige la réussite du cours Pharmacie clinique II pour s’y inscrire. Se déroulant soit en milieu communautaire ou en milieu hospitalier, le stage clinique demeure optionnel pour l’obtention du baccalauréat, mais devient un préalable pour les candidats choisissant de poursuivre leurs études en pharmacie hospitalière au 2e cycle. En plus du stage clinique, les étudiants s’acheminant vers la pratique en établissement de santé doivent s’inscrire aux quatre cours obligatoires dans cette sphère, soit pharmacie d’hôpital, radiopharmacie et deux cours de produits stériles.

En 1982, la Faculté modifie le programme de 1er cycle d’où sont abolis les quatre secteurs de formation pour offrir une formation commune à tous les étudiants. De plus, le stage clinique (PHM4186 – Enseignement clinique) devient obligatoire pour tous les étudiants, ce qui porte à 131 le nombre de crédits offerts au baccalauréat. Le stage clinique peut être réalisé soit en milieu communautaire ou en milieu hospitalier104. Pour faire face à l’augmentation du nombre d’étudiants, un cinquième établissement, la Cité de la Santé de Laval, s’ajoute à la liste des milieux de stage à compter de 1982. Cette évolution est susceptible d’accroître la participation des pharmaciens hospitaliers à l’enseignement. Toutefois, Claude Vezeau souligne que « jusqu’à maintenant, l’implication des pharmaciens des services de pharmacie, pour le cours « enseignement clinique », a été sporadique. Quoique la Faculté ait fait appel à certains pharmaciens pour remplacer des professeurs absents, il n’y a jamais eu de collaboration soutenue entre les professeurs cliniciens et les pharmaciens105 ».

Même si le nombre de crédits du programme demeure le même jusqu’au début des années 1990, plusieurs changements sont apportés au stage au fil des ans. Dès 1982, il devient possible de réaliser une partie du stage en milieu communautaire ou en milieu gériatrique. Par ailleurs, la durée du stage est prolongée à huit semaines en 1990-1991.

Introduction de la pharmacie clinique à l’Université Laval
Dès le début des années 1970, l’École de pharmacie de l’Université Laval intègre le concept de pharmacie clinique à son programme de 1er cycle, d’abord avec un stage novateur, puis en remodelant le cursus pour y intégrer tous les éléments permettant aux diplômés de répondre aux exigences de la Loi de pharmacie. Grâce au stage clinique introduit en 1971, le programme de 1er cycle mis sur pied à l’École de pharmacie donne une impulsion certaine à la pharmacie hospitalière et aura un impact déterminant sur le développement du secteur, particulièrement dans la région de Québec où bon nombre de diplômés vont pratiquer.

Entre 1971 et 1973, l’École de pharmacie procède à la mise à jour du contenu du programme de 1er cycle pour l’adapter aux réformes de l’enseignement secondaire et collégial entreprises au Québec depuis le milieu des années 1960. Ainsi, les sciences du comportement sont ajoutées au parcours et, outre les cours obligatoires, l’étudiant peut ajouter à son programme des cours à option et des cours au choix hors secteur. Pour l’année scolaire 1971-1972, l’École apporte des modifications au programme, notamment l’ajout d’un cours d’introduction à la pharmacie donné par un groupe de professeurs et de conférenciers invités, l’augmentation du nombre d’heures d’enseignement en pharmacologie, l’abolition du cours de gestion, la diminution du temps consacré à l’analyse quantitative et le remplacement d’un cours d’économie pharmaceutique par un cours de comptabilité administrative donné par la Faculté des sciences de l’administration. Avec cette refonte, le cours de pharmacie d’hôpital devient obligatoire au huitième trimestre106.

Outre ces modifications, l’École introduit une innovation majeure dans son programme pour l’année 1971-1972, soit un trimestre clinique de douze crédits obligatoire pour tous les étudiants de quatrième année, quel que soit leur champ d’intérêt107. Conçu par les professeurs Jacques Dumas et Pierre-Paul Leblanc, ce trimestre clinique vise à compléter la formation théorique acquise à l’université par un apprentissage pratique permettant aux étudiants de développer « leur expertise dans la connaissance et l’utilisation rationnelle des médicaments108». Au cours du trimestre, l’étudiant doit passer 15 semaines dans un établissement de santé où il a pour objectif d’optimiser la pharmacothérapie des patients en complétant l’histoire médicamenteuse, en constituant le dossier pharmacologique et en faisant l’analyse de ce dernier pour y déceler toute interaction ou réaction indésirable109. À la première année d’implantation du trimestre clinique, chaque étudiant doit, après avoir consulté le dossier et réalisé une entrevue de 20 patients, dresser :

les fiches thérapeutiques individuelles afin de déceler, en consultant la documentation appropriée, toute contre-indication, anomalie (concernant l’identité, la posologie, l’administration et l’usage), réactions anormales, interactions médicamenteuses ou alimentaires, etc., et d’être ainsi en mesure d’intervenir de façon rationnelle auprès des médecins prescripteurs lorsqu’il y avait lieu de le faire110.

Pierre-Paul Leblanc et Jacques Dumas sont approchés par le ministère de l’Industrie et du Commerce et le MAS afin de procéder à l’implantation de la distribution unitaire de médicaments, pratique émergente aux États-Unis111. Les deux professeurs acceptent de piloter ce projet à condition que soit mis en place un trimestre clinique (planifié pour quatre crédits mais implanté avec douze crédits) dans le cadre de la formation de 1er cycle en pharmacie. Si le projet de distribution unitaire ne voit pas le jour faute de financement et d’objections formulées par les soins infirmiers, le projet de trimestre clinique est mené à bien et implanté à l’Hôpital Saint-François d’Assise. Les deux professeurs agissent à titre de moniteur clinique. À noter que l’intégration de ce stage clinique à la formation des étudiants de 1er cycle constitue par ailleurs une première au Canada112.

Offert pour la première fois à l’hiver 1972 à un groupe de 17 étudiants, le stage se déroule, à ce moment, seulement à l’Hôpital Saint-François-d’Assise113. Rapidement, l’École doit envisager le recrutement de nouveaux établissements étant donné l’augmentation importante des étudiants inscrits : de 17 étudiants inscrits au trimestre clinique, en 1972, le nombre de candidats augmente à 43 pour l’année 1973-1974 et à une cinquantaine en 1976114. En plus de l’Hôpital Saint-François d’Assise, graduellement, les hôpitaux Saint-Sacrement, Enfant-Jésus, Laval, Hôtel-Dieu de Québec et Hôtel-Dieu de Lévis se joignent au réseau d’établissements accueillant les stagiaires.

Le stage en hôpital se déroule en deux temps : l’avant-midi est consacré à la tournée médicale au cours de laquelle l’étudiant présente la partie consacrée à la pharmacologie, alors que l’après-midi est consacré aux travaux cliniques afin de traiter d’un point de vue pharmacologique les cas cliniques étudiés au cours de la tournée médicale. L’étudiant est présent 36 heures par semaine à l’hôpital pendant les 15 semaines du trimestre. Pendant son stage, il s’occupe simultanément de cinq patients pour lesquels il doit étudier et tenir à jour le dossier, analyser les traitements, chercher les interactions médicamenteuses en portant une attention particulière aux incompatibilités entre médicaments et nourriture. À la fin du stage, l’étudiant doit démontrer ses acquis avec la présentation d’un cas clinique sous forme de séminaire115. Ce stage se déroule uniquement en centre hospitalier jusque dans les années 1990.

Un nouveau programme de pharmacie est adopté par le conseil de l’Université Laval en janvier 1975. Les objectifs de ce programme s’appuient directement sur l’article 17 de la Loi sur la pharmacie qui définit l’exercice de la pharmacie116. Le programme compte 128 crédits dont 96 obligatoires, 24 à option en science du comportement et disciplines reliées à la pratique pharmaceutique, huit au choix de l’étudiant117. Cette refonte mène notamment au retrait des éléments de statistiques, de psychologie dynamique, d’économie pharmaceutique, de phytopharmacie et de gestion pharmaceutique. En revanche, des cours de biopharmaceutique II, de dermatothérapie, de mucothérapie et de chimiothérapie y sont ajoutés. L’objectif de cette refonte est que « à la fin de sa période de formation, le pharmacien devra être capable de veiller à la bonne utilisation des médicaments : par la préparation, la conservation et la distribution des médicaments d’une part ; par la diffusion de l’information sur l’usage des médicaments d’autre part ; information du client et des autres professionnels de la santé118 ».

Jusqu’au milieu des années 1970, le nombre d’étudiants faisant une demande d’admission à l’École de pharmacie augmente constamment, mais des contraintes de ressources humaines et physiques obligent l’École à refuser quantité de candidats de qualité. Dans les années 1960, l’École reçoit une soixantaine de demandes, mais doit limiter l’admission à 40 étudiants étant donné le nombre restreint de places disponibles dans les laboratoires pour les travaux pratiques. Dans les années qui suivent, le nombre de demandes d’admission passe de 217 en 1973- 1974 à plus de 400 en 1978-1979 alors que le nombre de postes disponibles doit être contingenté à 80 étant donné la capacité d’accueil limitée des centres hospitaliers119. En 1975-76, l’École admet 80 nouveaux étudiants et porte le nombre total d’inscrits à 255120.

Au milieu des années 1970, l’existence de l’École de pharmacie est remise en question lorsque le Conseil des Universités recommande que l’Opération Sciences de la Santé étudie la possibilité de concentrer l’enseignement de la pharmacie dans un seul établissement au Québec. L’Université Laval produit un rapport en réaction à cette recommandation dans lequel elle justifie l’existence de l’École de pharmacie par le besoin de pharmaciens au Québec, particulièrement dans les régions desservies par l’Université Laval121.

Dans son plan triennal 1979-82, l’École affirme devoir « s’engager résolument dans l’aspect clinique et social de la pharmacie122 ». L’École est bien consciente que ces pharmaciens sont partie intégrante d’un réseau de santé au sein duquel les médicaments prennent une place de plus en plus importante. Ainsi, les pharmaciens formés à l’École de pharmacie pourront faire l’enseignement relatif aux médicaments autant auprès des patients que des autres professionnels de la santé pour favoriser un usage plus rationnel des médicaments. Ils pourront donc mieux identifier les causes d’abus de médicaments dans la société et préciser les besoins de la société en ce qui concerne les services pharmaceutiques.

Pour faire suite au plan triennal 1979-1982, la Commission du secteur des sciences de la santé approuve un nouveau programme qui est implanté en 1983-1984. Un cours « médicaments et société » et plusieurs cours à option (p. ex. : stages de recherche, essai thérapeutique, pharmacie vétérinaire, médicaments et troisième âge, médicaments grand public, biopharmacie expérimentale, radiopharmacie) sont ajoutés au programme qui compte maintenant 128 crédits dont 98 obligatoires, 22 à option (sciences du comportement, disciplines reliées à la pratique pharmaceutique et des sciences humaines de la santé) ainsi que huit au choix de l’étudiant123.

Lorsqu’il est discuté d’organiser d’éventuels États généraux de la pharmacie québécoise au milieu des années 1980, Jacques Dumas, professeur à l’École de pharmacie, se questionne sur l’introduction de la pharmacie clinique dans le programme de 1er cycle de l’Université Laval et, plus particulièrement, sur la pertinence du trimestre clinique :

En s’effectuant presqu’exclusivement en centres hospitaliers spécialisés, les stages cliniques n’ont-ils pas ainsi créé un milieu artificiel d’apprentissage surtout si l’on tient compte : 1) que les services de pharmacie de la grande majorité des centres hospitaliers ne semblent pas avoir mis sur pied d’une façon systématique des services et des activités cliniques, 2) la grande majorité des bacheliers œuvreront ensuite en milieu communautaire et auront, de ce fait, à faire face à des problèmes passablement différents de ceux qu’ils rencontrent pendant leur stage clinique ? Pour cette raison, ne devrait-on pas réserver les stages en centre hospitalier que pour celles et ceux qui désirent une formation spécialisée en pharmacie hospitalière124?

En 1992, le programme de 1er cycle de l’École de pharmacie comporte 83 crédits de cours obligatoires et douze crédits de stage clinique, six crédits en sciences du comportement, 21 crédits en cours à option reliés à la pratique pharmaceutique et six crédits hors pharmacie au choix de l’étudiant125.

Références:
89. AUM. Secrétariat général. D35/C7.9. Lettre du doyen, Jérémie Tremblay, au registraire, Claude Saint-Arnaud, concernant le nouveau programme de pharmacie, 20 mars 1969.
90. AUM. Secrétariat général. D35/C7.9. Faculté de pharmacie–Nouveau programme d’études approuvé par le Conseil de la Faculté de pharmacie le 6 juin 1969; AUM, Faculté de pharmacie, Annuaire 1970-1971, p. 14-16.
91 Leclerc-Chevalier D. Planification sectorielle de l’enseignement supérieur. Opération sciences de la santé…, p. 71.
92. Le cours est toujours offert par Denise Leclerc-Chevalier et porte principalement sur les fonctions et responsabilités du pharmacien d’hôpital, l’organisation du service de pharmacie et les relations de la pharmacie avec les autres services de l’établissement de santé. Voir AUM. Secrétariat général. D35/C7.9. Faculté de pharmacie–Nouveau programme d’études approuvé par le Conseil de la Faculté de pharmacie le 6 juin 1969.
93. Voir AUM. Fonds E63. Baccalauréat ès sciences – pharmacie. 1974-1975.
94. Collin J, Béliveau D. Histoire de la pharmacie au Québec…, p. 277-278.
95. AUM. AUM. Secrétariat général. Faculté de pharmacie. Annuaire 1972-1973 ; Leclerc-Chevalier D. Planification sectorielle de l’enseignement supérieur. Opération sciences de la santé…, p. 125.
96. Leclerc-Chevalier D. Planification sectorielle de l’enseignement supérieur. Opération sciences de la santé…, p. 125.
97 AUM. Secrétariat général. D35/C7.15. Rapport de l’enquête menée par la Direction des services aux étudiants à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, 25 mars 1970.
98. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 36. Divers 1975-1980. Opérations sciences de la santé. Première partie. Les problèmes généraux et les solutions d’ensemble. Recueil des recommandations. Commentaires de la Faculté de pharmacie, 1er octobre 1975.
99. AUM. Fonds E63. Baccalauréat ès sciences – pharmacie. 1974-1975.
100. En vue d’établir des stages cliniques, la Faculté avait recruté quatre pharmaciens dans chacun des hôpitaux sélectionnés, soit Louise Dubé à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, Solange Paultre-Béliveau à l’Hôpital Sainte-Justine, Jocelyne Boucher à l’Hôpital Royal Victoria et Giulia Silicani à l’Hôpital Notre-Dame, pour devenir des chargés de formation pratique. Ces quatre centres accueillaient donc les étudiants inscrits au stage. Ces pharmaciens, tous détenteurs du diplôme en pharmacie d’hôpital (DPH), avaient complété, dans le cadre de leur résidence, le stage clinique offert à l’Hôpital Royal-Victoria.
101. Notes personnelles – Pauline Beaulac, 2010.
102. Dubé L. Les chargés de formation de pratique (C.F.P.) à la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal. Bulletin d’information officiel de l’A.P.E.S. 1978 (août) ; 11 (5) ; Paultre-Béliveau S. Des étudiants en pharmacie font un stage à Ste-Justine. Interblocs 1978 (janvier-février) : 4.
103. AUM. Faculté de pharmacie. Annuaire 1979-1980, p. 8.
104. AUM. Fonds E63. PV de la réunion du comité de coordination des programmes de résidence en pharmacie d’hôpital, 12 novembre 1980.
105. Vezeau C. Les professeurs cliniciens dans les centres hospitaliers universitaires. Bulletin d’information officiel de l’A.P.E.S. 1983 (février); 16 (1).
106. AUL. Fonds U548/16/2. École de pharmacie – Université Laval. Plan directeur triennal 1983-1986, avril 198; Fonds U548. Rapport de l’École de pharmacie pour l’année 1971-1972; Sciences de la santé. Annuaire 1970-1971, p. 114; Annuaire 1971-1972, p. 129.
105. Collin J, Béliveau D, Histoire de la pharmacie au Québec…, p.278.
108. AUL. Fonds U548/16/2. École de pharmacie – Université Laval. Plan directeur triennal 1983-1986, avril 1983.
109. AUL. Fonds U548/6/1. Programme du trimestre clinique de l’École de pharmacie. Étudiants de quatrième année, mars 1976.
110. AUL. Rapport de l’École de pharmacie pour l’année 1971-1972.
111. L’idée d’implanter un stage clinique devait profiter de la mise en place de la distribution unitaire des médicaments. Ce projet avait l’appui des pharmaciens Jean-Yves Houle au ministère de l’Industrie et du commerce et Gilles Caron au ministère des Affaires sociales. Notes personnelles de Jacques Dumas.
112. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 29. Évaluation et planification des besoins. Planification sectorielle de l’enseignement supérieur. OSS. Opération sciences de la santé. Rapport final. Partie II. Québec : ministère de l’Éducation en collaboration avec le ministère des Affaires sociales, avril 1976 et AUL – Faculté de pharmacie. École de pharmacie –
Université Laval. Création de la Faculté de pharmacie…, p. 15.
113. Pendant quelques années, la moitié des étudiants complète le stage à l’automne, et l’autre à l’hiver. Durant le trimestre où ils ne sont pas inscrits au stage, les étudiants suivent des cours à option ou des cours au choix.
114. AUL. Rapport de l’École de pharmacie pour l’année 1971-1972; Valentine J. Stage clinique de quatrième année. Bulletin d’information officiel de l’A.P.E.S. 1976 (août); 9 (5).
115. Valentine J. Stage clinique de quatrième année. Bulletin d’information officiel de l’A.P.E.S. 1976 (août) ; 9 (5).
116. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 36. Divers 1975-1980. Réactions du comité du programme de pharmacie au projet de rapport de l’OSS, 9 octobre 1975.
117. AUL. Fonds 548/31/1. Document 75-2.1. Dossier de présentation du programme de baccalauréat en pharmacie déposé au conseil universitaire, 14 janvier 1975.
118. AUL. Sciences de la santé. Annuaire 1976, p. 731.
119. AUL. Fonds 548/16/2. Plan directeur triennal 1979-1982, juin 1978.
120. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 36. Divers 1975-1980. Réactions du comité du programme de pharmacie au projet de rapport de l’OSS, 9 octobre 1975.
121. Alors qu’au Canada, le ratio est de un pharmacien pour 1904 habitants, ce même ratio est de 1/2859 au Québec. De plus, les régions desservies par l’Université Laval connaissent les ratios les plus préoccupants : Bas-Saint-Laurent (1/11 076) ; Côte-Nord (1/9132);
Nouveau-Québec (1/14 428) et Saguenay-Lac-St-Jean (1/4588). Voir AUL. U548/16/2. Rapport de l’Université Laval au sujet de la recommandation 10.9 du Conseil des Universités, s.d.
122. AUL. Plan triennal 1979-82.
123. AUL. Fonds U548/16/2. École de pharmacie – Université Laval. Plan directeur triennal 1983-1986, avril 1983.
124. Archives de l’A.P.E.S. Boîte 36. États généraux de la pharmacie québécoise. Dumas J. La formation (document de travail), s.d.
125. AUL. Fonds U548. Annuaire 1992, p. 17.

Auteur:
Nancy Marando

Création: 15 juin 2016
Publication: 15 juin 2016