Du manuel à l’informatique : l’évolution des technologies utilisées à la pharmacie

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« Au fil des ans, les pharmaciens de Sainte-Justine ont utilisé diverses technologies pour traiter les ordonnances et rédiger et compiler les étiquettes de médicaments. Des outils manuscrits au simple dactylographe utilisé probablement jusque dans les années 1970, les outils se perfectionnent avec l’introduction de dactylographe électrique, de micro-ordinateurs, de réseaux et de nombreux outils électroniques :

  • Du manuel à la dactylo : Le service de pharmacie fait l’achat d’un premier dactylographe au début des années 1930. Selon les informations recensées dans les archives disponibles, le dactylographe servait probablement à la rédaction de la correspondance professionnelle et à divers rapports puisque selon les dires de Marius Bisson, commis et magasinier embauché en 1953, les étiquettes de pots de médicaments étaient encore manuscrites à son arrivée à l’hôpital. […] Dans les années 1980, les dactylographes sont remplacés par des modèles électriques plus performants de marque Olympia. Plus tard, ces dactylographes électriques sont remplacés par des modèles électriques comportant jusqu’à neuf mémoires. […]
  • Dossier pharmaceutique : Un dossier pharmaceutique en version papier est élaboré vers la fin des années 1980. Ce dossier permet au pharmacien de conserver une copie des étiquettes rédigées au dactylographe avec mémoire par l’équipe pour identifier les médicaments. Une étiquette est collée sur le contenant original du médicament envoyé à l’étage et une autre, dans le dossier pharmaceutique. Ce dossier cartonné, recto-verso, de 4 pages de format 8½ x 11 pouces est classé par ordre alphabétique de nom de famille dans des boîtiers de bois. Jusqu’à l’implantation de ce dossier, la pharmacie ne conservait aucune trace des médicaments dispensés.
  • Projet de développement informatique : L’informatique fait son entrée à l’Hôpital dans les années 1970. Au service de pharmacie, le premier système informatique maison est développé dans les années 1985 pour les calculs entourant la préparation d’alimentation parentérale. Le développement de la pharmacologie et de la médecine, la multiplication des coûts des médicaments et l’investissement important qu’ils engendrent combinés à l’émergence de nouvelles obligations légales, telle la création du dossier patient, rendent urgent le besoin d’informatiser la pharmacie dans les années 1980. En 1984, la Direction des services hospitaliers (DSH) met en place un projet de développement d’un système d’information pour les médicaments, patients, stocks et coûts. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Dossier 24-P-10. Services hospitaliers 1926-1961. Pharmacie – Correspondance entre sœur Thérèse Marguerite,économe et la présidente du conseil d’administration – 1958

Le service de néonatologie à l’Hôpital Sainte Justine

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« En 1950, grâce à des octrois du gouvernement fédéral, la clinique prénatale, natale et postnatale est inaugurée et se concentre, en plus en plus du volet de prévention, sur la recherche des causes de mortalité chez les nouveau-nés. Cette clinique accueille de plus en plus de prématurés si bien qu’en 1956, le service des prématurés compte 50 lits. Les fonds accordés par le gouvernement fédéral pendant la décennie 1950 permettent aussi de financer la spécialisation d’un médecin en néonatologie, Dr Robert Saint-Martin, et d’entreprendre des cours pour former des infirmières spécialisées dans les soins aux prématurés.

La poursuite des recherches sur les causes de décès des nourrissons dans les années 1960 permet à Sainte-Justine de développer une expertise dans le domaine de la néonatologie qui lui vaut une hausse de clientèle constante. La mise sur pied d’un service de génétique en 1970 et la désignation de l’hôpital comme centre de grossesse à risque élevé et comme centre régional de périnatologie en 1973, favorisent aussi l’essor de ce secteur. Une unité de soins intensifs pour les prématurés est d’ailleurs inaugurée en 1974. […]

Ainsi, à partir des années 1980, les pharmaciens sont présents à l’unité de soins intensifs de néonatologie. Marjolain Pineault se charge de participer aux tournées, d’ajuster et de faire préparer les alimentations parentérales de l’unité. […] Avec le temps, les pharmaciens élargissent leur participation aux activités cliniques. Ils règlent les problèmes liés à la pharmacothérapie et surveillent la pharmacocinétique de la gentamicine, de la tobramycine et de la vancomycine. Dans un contexte de développement du modèle de soins pharmaceutiques, où il est requis des pharmaciens de prendre en charge l’ensemble des soins concernant la médication, les pharmaciens de l’unité de néonatologie ont progressivement pris cette responsabilité. […]

L’évolution de la néonatologie se poursuit. En 2007, un nouveau-né de 1000 g et 27 semaines a 90 % de chance de survie avec un développement normal. Ainsi, on peut sauver des enfants de plus en plus jeunes. Nul doute que l’évolution de la pharmacothérapie et des soins pharmaceutiques pourront contribuer à la qualité des soins donnés aux prématurés du CHU Sainte-Justine. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Transport des prématurés à l’Hôpital Sainte-Justine – années 1950

De la seringue en verre à la seringue de plastique

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« C’est en voulant pratiquer des injections parentérales que des chirurgiens ou médecins en viennent à perfectionner les seringues à lavements qui étaient utilisées encore au 17ème siècle. […] Au début du 18ème siècle, un chirurgien français, Dominique Anel, fait fabriquer une seringue en argent, plus petite que la seringue à lavement, qui comprend un piston coulissant avec embout à base carrée à l’extrémité où se vissent canules, sondes et aiguilles. En 1841, le chirurgien Pravaz conçoit une seringue plus petite munie d’un piston vissé qui, en avançant, permet de contrôler la quantité de produit injectée. Au fil des ans, de multiples améliorations sont apportées aux seringues (fût en verre, seringue en verre, piston avec joint en coton, etc.) mais c’est dans les années 1850 que le chirurgien Alexander Wood utilise pour la première fois une aiguille creuse qui évite ainsi de fracturer l’épiderme. […]

Dans les années qui suivent, les seringues subissent des modifications fondamentales dont le corps de verre enserré entre deux anneaux métalliques, l’ajout d’un embout conique pour adapter facilement l’aiguille à la seringue et le piston à course libre actionné par une simple pression du pouce, piston dont la tige métallique comporte une vis de calibrage. Ce sont toutefois deux découvertes majeures qui vont révolutionner l’utilisation des seringues pour les injections intraveineuses : l’invention du brûleur à gaz par Bunsen qui permet de travailler le verre et principalement les travaux de Lister, Koch et Pasteur sur l’asepsie et l’antisepsie. C’est le docteur Émile Roux, collaborateur de Louis Pasteur, qui met au point la première seringue entièrement en verre, munie d’une aiguille de métal et d’un piston constitué d’une tige graduée, qui lui sert à faire des injections de morphine pour des anesthésies. Par la suite, des modèles dont l’étanchéité était assurée par un anneau de caoutchouc entourant la base du piston ont été produits.

L’introduction de la seringue de verre sur le marché signifie que cette dernière peut maintenant être utilisée pour administrer des médicaments aux patients. Bien que les seringues de verre soient des instruments indispensables et fiables, les aiguilles utilisées et la méthode de stérilisation nécessaire à son usage en font aussi un instrument quelque peu difficile à utiliser. […] Malgré ces inconvénients, l’introduction du matériel en plastique jetable s’est faite de manière progressive à partir du milieu du 20ème siècle. Bien que tous reconnaissent la grande qualité des aiguilles jetables, beaucoup plus confortables et assurément stériles, l’adoption de la seringue jetable posait des problèmes de coût, de fiabilité, de sécurité et de stockage, entre autres. La transition vers la seringue totalement jetable s’est faite progressivement des années 1960 à 1970. L’un des compromis adopté a été d’utiliser une seringue de verre avec une aiguille jetable ce qui réglait la question de coût du matériel. Enfin, dans les années 1970 la seringue de verre a complètement disparu au profit de la seringue en plastique. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine- Seringue avec piston réglable – Années 1950

L’évolution de la pharmacie au cours du 20ème siècle

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« Marius Bisson, commis et magasinier en pharmacie, est embauché à la pharmacie en 1953. Il raconte qu’à l’époque, on y prépare de grandes quantités de plusieurs préparations (p.ex. calamine, pâte à l’eau, pâte de lassar). Une armoire vitrée contient tous les flacons de poudres et d’ingrédients utilisés pour ces préparations. Presque tous les médicaments et vaccins servis par la pharmacie sont entièrement conditionnés sur place. L’équipe se compose de deux à quatre personnes et les médecins se présentent fréquemment au guichet pour demander conseil à la pharmacienne. Les ordonnances et les étiquettes sont manuscrites et les médicaments sont préparés et placés dans les paniers métalliques que des personnes des unités de soins viennent chercher périodiquement à la pharmacie.

En 1957, sœur Marie-Cyprien et monsieur Bisson, entre autres, procèdent au déménagement de la pharmacie de la rue Saint-Denis vers le nouveau bâtiment du 3175 chemin de la Côte-Sainte-Catherine en une seule journée! Le service de pharmacie est maintenant situé au sous-sol à l’étage B – bloc 1. D’une superficie de près de 380m2, le nouveau local comporte plusieurs pièces soit une salle de conditionnement et de correction des ordonnances (appelée zone de distribution), un laboratoire de préparations magistrales, un bureau pour le chef de département, une salle de rencontre, une bibliothèque, deux grandes réserves (dont une de l’autre côté du corridor au B102-103) et une pharmacie, dite «annexe», située au 1er étage pour les clientèles externes et reliée à la pharmacie centrale par un monte-charge. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Une religieuse remet les médicaments à des patients en attente au guichet de la pharmacie – Années 1940 ou 1950.

Le personnel de la pharmacie depuis le début du 20ème siècle

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« Au Québec, jusque dans les années 1950, le personnel de soutien exerçant à la pharmacie était probablement composé d’étudiants ou d’employés sans formation spécifique et effectuant des tâches connexes, ou encore de gardes-malades formées dans les écoles des hôpitaux pour évoluer dans les différents services de l’établissement. L’évolution de la pratique pharmaceutique au cours du 20ème siècle a toutefois rendu nécessaire, particulièrement dans les hôpitaux, l’embauche de personnel technique qualifié. La mise en place de programmes de formation spécifiques, la définition plus précise de ses tâches et l’apparition de nouveaux titres d’emploi ont renforcé la position du personnel de soutien qui devient partie prenante de l’équipe pharmaceutique.

Bien qu’il soit difficile, à partir des archives disponibles, de tracer un portrait fidèle de l’organisation du travail dans les pharmacies au début du siècle, il est permis de croire que le personnel œuvrant dans ce secteur à cette époque était constitué quasi-exclusivement de pharmaciens et d’étudiants en pharmacie occupant le rôle d’apprentis. En effet, jusqu’au milieu du 20ème siècle, la formation du candidat à la pharmacie comprenait un stage de quatre ans auprès d’un pharmacien licencié. L’étudiant, qui prenait le titre d’apprenti en pharmacie, d’étudiant en pharmacie, de commis diplômé ou d’assistant pharmacien, œuvrait aux côtés du pharmacien licencié pour préparer et vendre les médicaments. […]

Les étudiants agissaient donc à titre d’assistant au pharmacien au cours de leur formation et constituaient ainsi une main-d’œuvre technique importante pour ce dernier. La diminution de la portion pratique de la formation des pharmaciens au profit d’une formation académique plus étayée, à partir du milieu du 20ème siècle, a probablement fait naître le besoin pour une aide technique supplémentaire afin de pallier le manque de main-d’œuvre étudiante.

Jusqu’au moment où la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal procède à une refonte majeure de son programme de baccalauréat en 1948, les heures de stages que doivent faire les étudiants et les assistants-pharmaciens diminuent graduellement au profit d’heures de cours. L’amendement à la Loi de pharmacie de 1953 vient concrétiser cette situation. Dorénavant, le bachelier, qui complète le programme d’une durée de quatre ans, est tenu de réussir un stage d’un an auprès d’un pharmacien avant l’obtention de la licence. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Une religieuse supervise le travail des élèves de l’École des gardes-malades de Sainte-Justine dans les années 1930

1939 : Création du comité de pharmacie

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« En 1939, un comité de pharmacie est formé par le conseil médical, mais son existence n’est rapportée à l’administration qu’en 1946. Formé au départ des Drs Edmond Dubé, Henri Baril et Lucien Coutu, le comité de pharmacie ne compte plus que deux médecins en son sein, en 1946, soit les Drs Baril et Coutu. En 1958, le conseil d’administration demande à ce que la trésorière de la direction et la religieuse rattachée au service de pharmacie fassent partie du comité. La partie médicale est quant à elle constituée des Drs Hermile Trudel, Gaspard Morin et Roger Poirier. Suite à ces changements, sœur Marie Cyprien souligne l’importance accordée par l’administration de l’Hôpital « aux relations inter-services, pour une grande efficacité des activités médico-pharmaceutiques ».

L’une des principales tâches incombant au comité de pharmacie est la révision du formulaire de l’Hôpital. Cette directive est formulée dès 1951 par le conseil d’administration qui insiste pour que cette révision soit entreprise étant donné le grand nombre de médicaments prescrits par les médecins de l’établissement et le déménagement futur de l’Hôpital qui entraînera forcément une augmentation des activités et du nombre de médicaments disponibles à la pharmacie. Un comité spécial est dès lors formé pour prendre en charge cette révision. En 1953, ce comité mandate sœur Marie-Cyprien d’entreprendre la révision préliminaire du formulaire qui doit ensuite être soumis au conseil médical et au comité de pharmacie. Le projet se conclut finalement en 1963 avec la publication de la version révisée du formulaire. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Dossier 24-P-10. Services hospitaliers 1926-1961. Pharmacie – Correspondance à propos du comité de pharmacie – 1946

Sœur Marie-Cyprien : la première femme licenciée en pharmacie

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« Sœur Marie-Cyprien est nommée chef du service de pharmacie dès la fin de ses études en 1938, fonction qu’elle occupe jusqu’en 1968, soit au moment où l’étatisation des hôpitaux entraîne le départ de bon nombre de religieuses. En 1962, elle complète son diplôme en pharmacie d’hôpital de même que des cours spécialisés en sociologie, en psychologie et en administration hospitalière. Après avoir quitté Sainte-Justine, sœur Marie-Cyprien participe à la mise en place de pharmacies de base dans des milieux défavorisés et exerce son métier de pharmacienne auprès de ses consoeurs de la congrégation des Filles de la Sagesse aux maisons de Nicolet et Dorval. Elle meurt à l’âge de 92 ans, à l’infirmerie des Sœurs de la Providence, le 20 janvier 2005. 

À sa nomination au poste de chef du service de pharmacie en 1938, sœur Cyprien semble être appuyée par une de ses collègues, sœur Marie-Agathe qui obtient un baccalauréat en pharmacie la même année qu’elle. Bien que deux religieuses diplômées en pharmacie soient en charge de ce service dans les décennies suivantes, la pharmacie demeure sous responsabilité des médecins qui gèrent son organisation et son fonctionnement. 

Pendant les trente années où elle dirige le service de pharmacie, sœur Marie-Cyprien occupe principalement un rôle de gestion et de distribution des médicaments ainsi que celui d’apothicaire. Toute demande d’achat d’équipement, de matériel ou d’embauche de personnel doit être entérinée par l’administration. De plus, la sélection des médicaments inscrits à la liste officielle incombe toujours aux médecins de l’Hôpital. Malgré cela, l’organisation d’un comité de pharmacie sous l’égide du conseil médical, en 1939, marque une première intégration de la pharmacienne en chef aux prises de décisions concernant le service. En effet, l’administration propose d’adjoindre sœur Marie-Cyprien, à titre de secrétaire, à ce comité formé au départ de trois médecins, les docteurs Dubé, Coutu et H. Baril. L’un des principaux mandats de ce comité est de voir à la révision du formulaire de l’Hôpital datant de 1935. Tout au long des années 1950, le projet demeure une priorité, mais il ne se concrétise qu’en 1963 avec la publication d’un recueil contenant toutes les préparations faites à l’Hôpital. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Dossier de presse –  La Patrie, 22 mai 1938

Le formulaire de l’Hôpital Sainte Justine

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« La pratique de la pharmacie hospitalière au Québec a été grandement influencée par le développement de la discipline aux États-Unis. Par contre, le pharmacien a pris plus de temps à s’établir dans les hôpitaux de la province, les services de pharmacie étant dirigés la plupart du temps par des religieuses avec ou sans formation universitaire. Il n’est toutefois pas étonnant de voir un premier formulaire apparaître à Sainte-Justine aussi tôt qu’en 1935. […]

La conception d’un formulaire pour l’Hôpital Sainte-Justine témoigne de l’apport des médecins de l’institution au développement de la pédiatrie au Québec. […] L’ouverture d’un hôpital pour enfants leur a permis de développer leurs connaissances des maladies infantiles, ce qui contribue énormément à la reconnaissance de la pédiatrie comme spécialité médicale au milieu du 20ème siècle. L’accumulation de ces connaissances permet donc aux médecins de Sainte-Justine de se regrouper et de collaborer à la production du premier formulaire de l’Hôpital sous la direction de Dr J.C Bernard.

Le Dr Bernard fait son entrée à Sainte-Justine en 1920, où il travaille pendant 20 ans. Sa principale fonction aura été celle de surintendant médical. […] En 1934, l’administration confie la charge de la pharmacie au Dr Bernard. La constitution d’un formulaire pour l’Hôpital Sainte-Justine a certes contribué à rassembler de façon systématique les médicaments et traitements administrés dans l’établissement puisque avant 1935, il semble que la liste des médicaments était acheminée par l’officière en charge de la pharmacie au surintendant, qui lui, compilait les renseignements. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Formulaire du Dr Bernard, p. 45 – Adénite-adénopathie – 1935

La mise en place de la pharmacie de l’Hôpital Sainte Justine

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« La consultation des archives de Sainte-Justine pour la période 1907-1935 ne permet pas d’identifier un local spécifiquement dédié au service de pharmacie pendant cette période. On retrouve toutefois des médicaments, des produits chimiques et d’autres produits de santé à différents endroits dans l’Hôpital. L’approvisionnement est effectué par des médecins ou des infirmières. 

De 1935 jusqu’au déménagement de l’Hôpital sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine en 1957, la pharmacie est située au sous-sol de l’établissement de la rue St-Denis, dans un  seul local d’environ 50 m2 et encombré de tuyaux. En 1945, le conseil d’administration approuve l’installation d’une sortie de lumière pour le guichet de distribution et en 1946, un nouveau comptoir de pharmacie muni d’un dessus de table à l’épreuve des acides est ajouté au local.

Peu équipée au départ, la pharmacie se dote d’appareils et équipements divers dans les années 1940 notamment une glacière pour y conserver les sérums ou tout médicament devant être tenu au froid, un appareil frigorifique Kelvinatormd, des appareils Baxter et deux appareils Vaponéphrinemd. De plus, le service de pharmacie bénéficie de dons fait par des membres du personnel ou encore des compagnies pharmaceutiques pour compléter l’équipement du service. Par exemple, en 1950, il reçoit un appareil pour la fabrication des cachets et une balance pharmaceutique. L’augmentation de la clientèle de l’Hôpital et le recours plus fréquent aux médicaments dans les années 1950 fait de la pharmacie un service des plus essentiels dans l’établissement. L’aménagement du local ne permet toutefois pas de répondre adéquatement à la demande comme le fait remarquer le directeur médical, Dr Dubé, en 1952. Afin d’accélérer le travail et la préparation des médicaments, et pour éviter de prolonger le temps d’attente des patients, Dr Dubé suggère d’installer un guichet plus grand et d’augmenter le personnel du service. »

Source : Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Local de la pharmacie à l’Hôpital de la rue Saint-Denis – Années 1940..

Le développement de la pédiatrie à Montréal et au Québec

En 2022, le CHU Sainte-Justine célèbre son 115ème anniversaire. Nous profitons de cette opportunité pour vous partager un peu de l’histoire de la pharmacie hospitalière en bloguant des extraits de l’ouvrage « Un siècle de pharmacie à l’Hôpital Sainte-Justine » publié par Jean-François Bussières, pharmacien et Nancy Marando, historienne, en 2007. Un article sera éventuellement publié pour continuer le fil historique de la période de 2007 à 2022. Les blogues à venir ne sont pas forcément publiés en ordre chronologique historique. Bonne lecture. On peut consulter un fil historique de l’Hôpital Sainte-Justine sur le site de l’établissement. Amélie Monnier, JF Bussières.

« L’Hôpital Sainte-Justine a grandement contribué au développement de la pédiatrie à Montréal et au Québec. Au début du siècle, beaucoup de médecins croyaient qu’il était impossible de soigner un enfant étant donné son incapacité à exprimer sa douleur. En s’affiliant à la Faculté de médecine de l’Université Laval à Montréal en 1914, Sainte-Justine a constitué un terrain de formation pour les pédiatres québécois. Plusieurs médecins œuvrant à Sainte-Justine occupaient aussi des postes de professeurs agrégés, de titulaires de chaire ou de professeurs cliniques. La pédiatrie devenant une matière obligatoire dans le cursus de médecine avec l’adoption de la Loi médicale de 1909, ces professeurs ont pu perfectionner leur enseignement et contribuer à l’essor des connaissances dans le domaine. De plus, en instaurant le « plan de quatre ans » en 1939, l’hôpital a contribué au développement de la pédiatrie en tant que spécialité médicale. Ce plan s’adressant aux résidents exigeait que les candidats passent trois ou quatre années dans les services de l’Hôpital avant de poursuivre leur formation à l’étranger. En échange d’une bourse, ces candidats devaient aussi s’engager à pratiquer à l’Hôpital pendant un nombre déterminé d’année. »

Archives de l’Hôpital Sainte Justine – Salle commune pour enfant traité en pédiatrie – 1928