Un milieu humanitaire

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Une autre observation qui peut être faite au sujet de la pratique pharmaceutique dans le Nord est sa ressemblance à celle exercée dans les milieux humanitaires ailleurs dans le monde. Objectivement, les établissements du Nord se consistent en des milieux de pratique où est-ce que les conditions sociodémographiques du peuple sont plus défavorables que dans les pays industrialisés et où est-ce qu’il y a un grand roulement au sein des équipes de soin. Ces caractéristiques s’apparentent à celles décrivant les milieux humanitaires.

Un avion d’Air Inuit – Photo tirée des archives de David Pinard

Il n’y a pas de professionnels de la santé d’origine crie ou inuit, sinon ils se font rares et représentent une minorité. Il est alors difficile pour les autochtones du Nord de s’auto-subsister par rapport à leurs soins de santé. Enfin, puisque le médicament ne coûte rien aux patients, les interventions du pharmacien et des autres professionnels sont davantage axées sur eux et leur santé. »

Les appartements face à l’hôpital a nature à Kuujjuaq – Photo tirée des archives de France Dion
Chiens de traîneau, Kuujjuaq – Photo tirée des archives de David Pinard.

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Affiche de l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le nord québécois présentée à l’A.P.E.S.

Les qualités et les conditions favorables à la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Les pharmacies dans le Nord sont reconnues pour être des écoles très formatrices pour la pratique. Grâce à la richesse des enjeux de santé des autochtones et aux limitations des ressources, l’apprentissage semble s’y faire plus rapidement que dans les établissements ou officines du Sud. « On y apprend rapidement à être débrouillard. » En plus, le double mandat des pharmacies permet aux pharmaciens de perfectionner et d’approfondir simultanément leur expertise communautaire et hospitalière. La proximité à l’équipe de soin et l’accessibilité aux dossiers intégraux des patients font de la pratique dans le Nord une qui est très multidisciplinaire et axée sur la clinique et le patient. Enfin, puisque les villages sont plus petits et moins populeux qu’en ville, la connexion avec le patient et le sens de la communauté ont plus de chance à être forts.

Après une revue des entretiens téléphoniques avec les pharmacien(ne)s ayant exercé dans le Nord, plusieurs conditions semblaient se répéter au sujet des circonstances favorables à la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec. Voici les trois qui semblaient se démarquer le plus aux yeux de ces pharmaciens.

La pharmacie d’établissement à Puvirnituq, par Pierre

Un premier élément de réponse se retrouve dans la double expertise du pharmacien. En effet, posséder une formation ou de l’expérience dans les milieux communautaires et d’établissement représente un atout pour le pharmacien du Grand Nord. Toutefois, il reste facultatif puisqu’une grande marge d’apprentissage est accordée aux pharmaciens n’ayant de l’expérience que dans l’un des deux volets. Aujourd’hui, la plupart arrive dans le Nord sans expérience en établissement de santé et avec peu de maîtrise des médicaments intraveineux. Ils doivent à ce moment-là faire preuve de débrouillardise, qui est une qualité recherchée chez tous les travailleurs ici.

L’accueil de la pharmacie de Mistissini, par Noémie Thibeault.

Un deuxième élément de réponse se rapporte au nombre de pharmaciens dans le laboratoire et à la composition de l’équipe. La majorité des pharmaciens s’entendaient pour dire qu’il faut au moins deux pharmaciens par établissement pour que les services pharmaceutiques soient acceptables. Cependant, pour qu’ils soient plus axés sur la clinique, avoir trois pharmaciens était préférable. Ce troisième pharmacien s’occuperait aussi de bâtir et de mener à bien des projets pour le département. Le travail d’administration et de gestion du chef devrait être confié à une quatrième personne, qui fait généralement moins de clinique. Finalement, la présence d’étudiants et de stagiaires l’été, était aussi un thème qui ressortait souvent à travers les discussions. En plus d’augmenter la visibilité de la pratique dans le Grand Nord, ils serviraient aux mêmes rôles que le troisième pharmacien. Ce ne sont toutefois pas tous les milieux qui sont adaptés ou qui possèdent le cadre pour les accueillir.

La troisième condition est la stabilité de l’équipe pharmaceutique. En effet, la plupart des progrès de la pharmacie dans le Nord ont eu cours lorsqu’il y avait une équipe de pharmaciens permanents. Ceux-ci avaient le temps de s’adapter à leur nouveau milieu de travail, d’étudier et de constater les enjeux de leur pratique, puis d’établir des objectifs pour la pharmacie. C’est de cette manière que les projets ont vu le jour et qu’ils ont été mené à terme avec succès. »

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Un milieu humanitaire

Les enjeux de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Les caractéristiques géographiques et sociodémographiques des RSS 17 et 18 dictent les défis et enjeux de la pratique pharmaceutique dans le Grand Nord. Voici une liste non exhaustive des plus importants.

Il y a d’abord le lien de confiance avec le patient cri ou inuit. En effet, il peut être difficile d’établir un partenariat patient-pharmacien avec celui-ci en raison du choc culturel. Il devient pertinent pour les pharmaciens allochtones de comprendre et d’adapter leur pratique à la culture de leur milieu de travail. Au-delà du lien de confiance, ce sont en fin de compte l’adhésion au traitement du patient et le travail du pharmacien qui rentrent en jeu. La langue parlée représente un premier obstacle à ceux-ci. Bien que la majorité parle désormais français ou anglais, il n’en demeure qu’une proportion significative, surtout celle d’âge avancé, ne parle qu’en cri ou qu’en inuktitut. Une aide des locaux bilingues ou trilingues est souvent requise à ce moment-là. Ensuite, il y a leur mode de vie traditionnel. Au Goose Break par exemple, plusieurs patients cris s’en vont dans leur camp pour chasser l’oie. Certains peuvent oublier de prendre leurs médicaments avant de partir; d’autres n’en auront pas assez prévu pour leur séjour à l’extérieur. Une fois installés dans leur camp, il n’existe aucune méthode de communiquer avec eux en cas d’urgence. Quant à la conservation et stabilité de certains produits, telle l’insuline, elles ne sont pas du tout assurées. Pour un pharmacien, ces particularités représentent des pistes d’interventions, s’il désire adapter sa pratique à son peuple. Servir deux mois de médication avant leur départ est un exemple d’adaptation qui s’est opérée à l’Hôpital de Chisasibi. Il y a aussi leur notion du temps qui est basée sur d’autres repères que ceux des allochtones. Les questions ouvertes du type « depuis quand » ne fonctionnent pas chez les autochtones puisqu’ils suivent rarement le temps. Leurs repères temporels se constituent plutôt des grandes fêtes ou événements qu’ils célèbrent. « Est-ce que votre mal à la poitrine a commencé avant ou après le Mamoweedow (fête estivale annuelle)? » Ils peuvent aussi répondre pour satisfaire, ce qui amène des biais d’information pour le pharmacien en quête immédiate de réponse. Un hochement de la tête ainsi que des « oui, oui » ne sont pas garant de leur compréhension. C’est la considération de toutes ces particularités qui renforciront le partenariat et le lien de confiance entre le pharmacien et le patient autochtone. En adaptant son approche et en passant outre certaines difficultés (bas niveau d’éducation, définitions divergentes de la « santé », manque de motivation au traitement, etc.), il pourra peut-être faire de cet enjeu une force de son travail.

Le manque de pharmaciens exerçant dans le Nord-du-Québec et leur faible rétention représentent d’autres enjeux importants pour la pharmacie. Ils justifient entre autres le recours fréquent aux agences de remplacement et expliquent pourquoi il y a un si haut taux de roulement au sein des équipes. Dans ces conditions, il est difficile pour la pratique pharmaceutique de progresser et d’évoluer. En effet, l’implantation de nouveaux protocoles, la révision des procédures actuelles ou l’évaluation de l’efficacité du circuit du médicament demandent tous la même chose : du temps. Avec une moyenne de rétention en pharmacie estimée à deux ans environ par les anciens, il devient difficile d’entreprendre de telles initiatives ou de mener de tels projets par manque de continuité. Se chevauchant les uns après les autres sans nécessairement laisser de traçabilité, les pharmaciens ont souvent été laissés avec le sentiment de « devoir tout recommencer ». Ces projets demandent une équipe de pharmaciens plus stable qui saura faire un travail à relais efficace et structuré. C’est grâce à une certaine stabilité du personnel que les grands jalons de la pharmacie du Nord se sont écrits.

Un autre enjeu de la pratique dans le Nord-du-Québec est l’attente reliée aux délais en pharmacie. L’isolation et la distance des centres de santé entre eux, mais aussi celle entre les établissements du Nord et les entrepôts des grossistes limitent les pharmacies au niveau de leur ravitaillement. Les commandes des médicaments sont acheminées aux pharmacies nordiques à une fréquence de deux fois par semaine seulement. Cela encourage les pharmaciens du Nord à être plus prévoyants avec la gestion de leur stock. Cette insécurité de l’approvisionnement et les délais encourus pour avoir un médicament représentent donc des enjeux uniques à la pharmacie du Grand Nord. Il y a aussi les délais associés aux données de laboratoire. Ce ne sont pas tous les établissements qui sont munis d’un laboratoire d’analyse et ceux-ci ne sont pas nécessairement équipés pour tout faire. À ce moment-là, des prises de sang peuvent être envoyées dans les laboratoires du Sud pour se faire analyser. Encore une fois, cela implique des délais supplémentaires pour les patients et pharmaciens du Nord.

Bien que cet enjeu puisse moins être d’actualité, la valorisation du rôle du pharmacien a définitivement représenté un défi pour les premiers à l’époque. Ceux-ci devaient bâtir leur crédibilité auprès des autres professionnels, comme les infirmières et les médecins, qui fonctionnaient déjà dans un système sans eux. Ils ont dû fait preuve de patience et parfois de résilience pour convaincre les autres de leur utilité et pertinence au sein de l’équipe médicale. Avec de nouveaux postes de pharmaciens qui voient le jour dans les dispensaires, cet enjeu devient d’actualité parce que leur place sera à prouver. »

La nature à Kuujjuaq – Photo tirée des archives de David Pinard

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Les qualité et les conditions favorables pour une pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec

À venir pour la pharmacie dans le Nord-du-Québec

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« À quoi ressemble le futur de la pharmacie dans la région administrative 10? À long terme, c’est difficile à dire pour chaque pharmacien parce que la majorité n’œuvre pas assez longtemps ici pour se faire une idée. Cependant, ces idées deviennent plus claires au court terme pour ceux qui y travaillent actuellement en 2019. Encore une fois, les visions crie et inuite se distinguent.

Pour les Terres-Cries-de-la-Baie-James, l’élévation de l’expertise du personnel cri demeure leur cheval de bataille. Après l’implantation d’au moins une technicienne crie par village, c’est leur formation qui est priorisée. De cette manière, c’est toute la pharmacie qui en bénéficiera et les pharmaciens aussi, puisque leur support technique sera plus efficace et plus fiable. En plus, la pharmacie à Chisasibi vit en ce moment une expansion de ses locaux pour éventuellement accueillir de nouveaux équipements qui permettront aux pharmaciens de mieux servir leurs patients et à moindre coût. Des démarches sont aussi en cours pour implanter un logiciel d’exploitation pour le volet établissement de santé de la pharmacie.

Pour le Nunavik, le rapatriement des dossiers pharmacologiques et l’expansion territoriale de la couverture des soins pharmaceutiques représentent quelques-uns de leur projet. En effet, les pharmaciens de la RSS 17 désirent qu’il y ait plus d’analyses pharmacologiques qui soient effectuées par eux. Étant sur le terrain et plus proches des patients, ils travaillent à créer un réseau de santé en pharmacie qui ne dépendra plus de l’expertise externe. En plus, le besoin d’implanter un pharmacien dans certains villages inuits, comme à Salluit (le troisième le plus populeux), se fait de plus en plus sentir. Enfin, les chefs de département en pharmacie du Nord s’entendent pour dire que l’amélioration continue des conditions de travail du pharmacien pour une meilleure rétention des professionnels et l’agrandissement de leur réseau de travailleurs demeurent haut sur leur liste de priorités. »

L’hiver à Kuujjuaq – Photo tirée des archives de David Pinard

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Les enjeux de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec

Assistance technique en laboratoire

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Avant les techniciennes cries et les techniciennes du Sud, il y avait les infirmières dans les dispensaires. En effet, elles portent pas mal tous les chapeaux jusqu’aux années 1960, et cela inclut celui des techniciens en laboratoire. Même après l’arrivée des pharmaciens dans certains établissements, comme à l’Hôpital Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Fort-George au début des années 1970, c’était encore elles qui les assistaient pour la préparation des médicaments.

Chez les Cris, Elizabeth Sam est reconnue comme étant la toute première technicienne autochtone. En 1979, elle est engagée à 21 ans par le pharmacien de l’époque, Adrien Brûlé, qui a besoin d’une assistante pour la comptabilité et les finances de la pharmacie. Sans hésitation, elle accepte le poste et commence à travailler dans le laboratoire dans la semaine qui suit. Celui-ci était construit dans le sous-sol de l’hôpital. Avec elle, travaille aux côtés du pharmacien une infirmière qui s’occupe de compter des pilules et de traiter les prescriptions avec une machine à écrire. Curieuse et très enthousiaste à travailler avec cet appareil, elle demande à l’infirmière comment elle peut lui venir en aide. Cette dernière lui apprend les rudimentaires de la machine à écrire et lui délègue quelques tâches techniques du laboratoire, à la satisfaction du pharmacien. C’est donc jusqu’à la démolition et au déménagement de l’hôpital en 1981, qu’Elizabeth Sam apprend les bases de son métier à en devenir. Après 1981, elle travaille aussi en tant que technicienne au laboratoire de l’Hôpital de Chisasibi. Elle aide à recruter d’autres cries et réussit à former une équipe de trois assistantes techniques : elle-même, Frances Diamond et Irene Pashagameskum. Elizabeth prendra sa retraite en 2013.

Tommy Taing et Elizabeth Sam, la première technicienne crie – Photo tirée des archives de Tommy Taing

Jusqu’aux années 2000, le nombre de postes pour l’équipe technique se limite à deux ou trois. Elle prend de l’expansion à partir de 2005, où est-ce que plus de quatre postes sont désormais occupés par des Cries. À noter que ces techniciennes n’ont jamais été formées officiellement au même titre que les techniciennes au Sud. Les chefs des départements se battent depuis les années 2000 pour apporter une expertise technique à leurs employées, mais en vain. Après plusieurs tentatives de cours à distance et d’envois du personnel à l’étranger, c’est en 2019 que s’implante pour la première fois une formation de technicien en laboratoire reconnue et équivalente au Sud. Elle a comme but de standardiser la pratique des techniciennes cries et d’élever leur niveau d’expertise. L’équipe technicienne de Chisasibi est aujourd’hui composée d’une quinzaine de Cries en formation et il y a depuis 2018, au moins une technicienne non formée crie par dispensaire. Enfin, la pharmacie à Chisasibi a eu recours dans les années 2010 à des techniciennes provenant du Sud, à l’aide des firmes de remplacement. Cette importation de main d’œuvre provenant d’ailleurs ne concordait pas avec la volonté du CCSSSBJ de former une expertise locale. Au Nunavik, l’histoire et le devenir de l’assistance technique ne s’apparentent pas à ce qui est observé chez les Cris. La vision de la RRSSSN est d’outiller ces établissements d’une expertise formée et compétente, qu’elle vienne d’ici ou d’ailleurs; et dans les faits, elle vient d’ailleurs. Cela explique entre autres pourquoi il y a une époque avant et après les techniciennes inuites. Vers les années 2000 et avant elles, des techniciennes inuites travaillaient avec les pharmaciens de l’époque. Souvent, étaient engagées des techniciennes du Sud provenant de firmes de remplacement. Au fil des années, avec le travail technique en laboratoire qui se complexifie, seules, elles, sont capables de suivre la cadence. Ce qui mène à une ère où est-ce que les équipes techniques se composent sans Inuites. Aujourd’hui, si les techniciennes ne sont pas permanentes et demeurent au village où elles travaillent, ces dernières proviennent encore de firmes de remplacement. Cependant, le besoin d’une assistance d’origine locale se fait toujours sentir. En 2015 au centre de santé Inuulitisivik, par exemple, un nouveau poste de « commis inuite » est implanté pour aider le pharmacien à transmettre de l’information en Inuktitut et pour certaines tâches administratives. »

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : À venir pour la pharmacie dans le Nord-du-Québec

Le transport des médicaments

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Comme son système de commande, le système de transportation a aussi progressé au fil du temps. Aujourd’hui, les médicaments, fournitures et équipements se rendent dans les communautés autochtones soit par camion, si le territoire le permet, soit par avion. De grandes différences se notent entre les Terres-Cries-de-la-Baie-James et le Nunavik.

Pour les Cris, le transport des médicaments du grossiste aux communautés se fait par camion. Grâce à la route de la Baie-James asphaltée et à ses tronçons de gravier, les villages cris sont approvisionnés par une voie terrestre. La commande de Chisasibi part de l’entrepôt de McKesson à Québec, elle s’en va ensuite faire un arrêt d’approvisionnement à Montréal, puis se dirige finalement vers Val d’Or. Le tout se fait en moins de 24 heures. Les camions de McKesson suivent ce trajet deux fois par semaine. À partir de Val d’Or, la tâche de transportation des médicaments et du stock est déléguée aux camions de KEPA (date indisponible), une compagnie de transport routier crie. L’entreposage et la conservation du médicament ne sont donc plus sous la responsabilité de McKesson. Les camions KEPA se chargent ainsi d’amener le stock à chaque village. À noter que le seul village cri desservi directement par McKesson est Mistissini, grâce à sa proximité de Chibougamau et parce que la route asphaltée se rend jusqu’à là.

Camion KEPA provenant de Val d’Or et sa cargaison
Photo tirée des archives de Tommy Taing.

Bien que le prix du médicament ne varie pas d’un village à l’autre, celui des biens de consommation de tous les jours le peuvent. Ceci est dû aux routes faites en gravier. En effet, parce qu’elles endommagent plus rapidement les camions KEPA, des frais supplémentaires sont taxés. Ceci expliquerait entre autres pourquoi une pinte de lait à Chisasibi, où est-ce que la route asphaltée se rend, coûte moins chère que celle à Waskaganish, par exemple. Pour les envois entre villages, ce sont les avions d’Air Creebec, établie en 1982 [47].

Pour les Inuits, le transport des biens de consommation et des médicaments aux communautés se fait par avion exclusivement. Il n’existe pas de route qui mène des entrepôts du Sud aux territoires du Nunavik. Les commandes des centres de santé Inuulitisivik de Puvirnituq et Tulattavik de l’Ungava à Kuujjuaq sont préparées à Montréal et embarquées dans les avions d’Air Inuit, la seule compagnie aérienne du Nunavik fondée en 1978 [48]. Ces avions font généralement un arrêt à Radisson avant de se rendre aux villages. Les prix des médicaments ne sont pas affectés par cette limitation du mode de transport au Nunavik, mais ceux des biens de consommations le sont.

Quant au transport sécuritaire du médicament, la méthode de son entreposage ne diverge pas tant de celle au Sud. Des boîtes en plastique ou en carton entrepose les médicaments qui peuvent être conservés à la température de la pièce et les produits réfrigérés sont conservés dans des glacières en styromousse doublées avec des ice packs. Après le resserrement au sujet des normes de transport du médicament du gouvernement fédéral en 2014, les grossistes se sont vus obligés d’améliorer leurs méthodes. McKesson s’est donc muni de glacières American Aerogel, à une valeur unitaire d’environ 500 $, pour respecter les nouveaux standards. Ces glacières assurent l’intégrité de la chaîne de froid pour une durée de 72 heures maximum. Puisque les livraisons en camion ou en avion ne se prolongent généralement pas au-delà de 24 heures, ces glacières donnent la tranquillité d’esprit aux pharmaciens au Nord-du-Québec. Elles sont ensuite renvoyées à McKesson à chaque semaine.

Glacière American Aerogel de McKesson pour les produits réfrigérés – Photo tirée des archives de Tommy Taing

Pour les envois en avion inter-village, ce sont des glacières ressemblantes à celles au Sud qui sont utilisés pour transporter les produits à réfrigérer. »

Référence :

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Les assistance technique en laboratoire

L’achat des médicaments

« Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article. »

« McKesson est actuellement le grossiste qui dessert toutes les communautés du Grand Nord québécois. Les deux établissements du Nunavik ainsi que le CCSSSBJ font partie du Groupe d’approvisionnement en commun de l’Est-du-Québec (GACEQ). Cette corporation ABNL s’occupe de lancer des appels d’offres publics visant les divers grossistes pour les fournitures, équipements et médicaments des établissements de santé au Québec [46]. En ce moment, c’est McKesson qui détient le contrat. Il est en fait le grossiste de la GACEQ depuis au moins 1990. Avant cette date, c’est le grossiste Distribution Pharmacies Universelles qui détenait le contrat, mais il a été acheté par McKesson vers cette année-là. À noter que le prix des médicaments pour un établissement dans le Sud est le même que celui d’un établissement dans la région administrative 10. Grâce à l’informatique, l’achat de de ceux-ci se fait désormais par Internet et via l’application ou le site web Pharmaclik. Ceci est vrai autant pour les établissements cris qu’inuites. Cependant, certaines différences viennent nuancer leur manière de faire.

Du côté cri, les infirmières dans les dispensaires peuvent commander directement chez McKesson. Elles reçoivent leur commande par camion à une fréquence de deux fois par semaine. Pour une question monétaire et de gestion des stocks, certains produits – les plus chers surtout – doivent être commandés que par les pharmacies d’établissement. L’hôpital de Chisasibi ou la clinique de Mistissini sont donc les seuls à pouvoir commander des stylos de Victoza® ou des comprimés de Janumet® par exemple. Bien que les formulaires d’autorisation ne fassent pas encore partie du système au CCSSSBJ, ce sont souvent les médicaments visés par ces derniers au Québec qui nécessiteront de passer par les pharmacies d’établissement. Ces médicaments seront envoyés en avion aux dispensaires à fréquence de deux fois par semaine. Chisasibi s’occupe de livrer à Waskaganish, Whapmagoostui, Wemindji, Eastmain, Nemaska et à Oujé-Bougoumou; puis Mistissini, de livrer à Waswanipi.

Livraisons par avion aux dispensaires de Chisasibi – Photo tirée des archives de Tommy Taing

Du côté inuit, le pouvoir de commander est exclusivement détenu par les pharmacies d’établissement. Les infirmières dans les dispensaires doivent soumettre électroniquement leur liste de commande et attendre qu’il leur soit envoyé par avion, à une fréquence de deux fois par semaine aussi.

Quant à la méthode de commande, elle a aussi évolué avec la pharmacie dans le Nord. En effet, la première génération de commande en était une par téléphone, où est-ce qu’elle était transmise de cette manière et enregistrée par McKesson pour qu’il la prépare. La deuxième génération utilisait des machines Telxon. En gros, le crayon argenté s’occupe de scanner les codes-barres des médicaments à commander; la machine Telxon enregistrait chaque produit comme un inventaire; puis il suffisait de la connecter à l’ordinateur avec le câble gris et de se connecter au logiciel de commande pour l’envoyer. C’était la ligne partagée d’Internet et téléphonique qui était exploitée à l’époque pour l’envoie des commandes.

Deuxième génération de commande Telxon, la machine et le câble
Photo tirée des archives de Tommy Taing.

Cette technologie est encore utilisée dans certains dispensaires dans le Nord. Cependant, elle se fait de plus en plus rare et remplacer par le système du 21e siècle, exploitant Internet et le site web Pharmaclik. »

Référence :

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : Les transports des médicaments

La préparation et distribution des médicaments

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Le profil de préparation et de distribution des médicaments dans le Nord-du-Québec est unique à sa région. Les différences entre les Cris et les Inuits, la préparation et la distribution et entre celles d’établissement et communautaire seront abordées.

La pharmacie de l’hôpital de Chisasibi et le centre de santé de Mistissini sont les seules à distribuer des médicaments en piluliers à leur communauté. Les autres sont seulement servis en vrac ou parfois dans des dosettes, par les infirmières et techniciennes cries des dispensaires. Il n’y a donc pas de vérification contenant-contenu (VCC), ni d’analyse faite par un pharmacien dans les dispensaires. Lorsqu’elles ont un doute, les infirmières vont appeler les pharmaciens pour vérifier une information telle une interaction, par exemple. Les piluliers sont aujourd’hui préparés par une pharmacie de Montréal, la pharmacie Dominique Voyer, et ce, à peu près depuis 2017. En effet, à Mistissini comme à Chisasibi, la distribution se faisait auparavant par un système de dosette, qui a éventuellement été remplacé vers 2012 par un système de piluliers faits à la main. Avec de plus en plus de patients et des dossiers médicamenteux de plus en plus lourds, cette méthode de préparation-maison n’était plus coût-avantageuse. Les préparer et les vérifier prenait trop de temps. Cette méthode est conservée jusqu’en 2017, où est-ce qu’un partenariat avec une pharmacie préparatrice du Sud a été établi.

Le comptoir pour magistrales à la pharmacie de Chisasibi
Photo tirée des archives de Tommy Taing

La pharmacie Dominique Voyer, située à Montréal, faisait déjà affaire avec les établissements du Nunavik pour ce type de service. La VCC n’est faite qu’une seule fois à Montréal. Les changements au pilulier peuvent être faits au Sud, si la prescription est transférée à temps, sinon ils s’opéreront dans la pharmacie du Nord. Les dossiers sont analysés deux fois : par la pharmacie Dominique Voyer selon ses obligations de préparatrice des médicaments et par la pharmacie dans le Nord (Chisasibi ou Mistissini) selon ses obligations de distributrice des médicaments. À noter que les dossiers AssystRx du Sud et du Nord ne sont pas unifiés, ce qui amène son lot de défis et d’enjeux de communication et de sécurité. Les piluliers sont envoyés par avion aux deux pharmacies d’établissement et les patients les reçoivent 4 semaines à la fois. En ce qui a trait le volet hospitalier, les médicaments sont servis en vrac aux médecins ou infirmières qui s’occupent de l’administration.

Au Nunavik, la distribution des médicaments commence aussi avec un système en vrac et de dosettes. Avant 2007, le centre de santé Inuulitisivik à Puvirnituq fonctionnait avec cette méthode et implante cette année-là le pilulier. Aujourd’hui, ce sont tous les villages inuits qui peuvent être servis en piluliers. Ceux-ci sont aussi préparés à la pharmacie Dominique Voyer à Montréal, qui les envoie hebdomadairement aux établissements et aux dispensaires. Ce sont les pharmaciens des établissements de santé au Nunavik qui s’occupent de l’analyse des dossiers des patients de leur village. Pour les dispensaires, le VCC et l’analyse sont effectuées par les pharmaciens au Sud. Depuis 2018, les dossiers AssystRx des patients du centre de santé Tulattavik de l’Ungava à Kuujjuaq ont été fusionnés avec ceux du Sud; de leur côté, les pharmaciens du centre de santé Inuulitisivik ont rapatriés les leurs pour s’occuper de l’analyse pharmacologiques. Ce sont toutes deux des premières dans leur genre qui permettront de réduire le risque d’erreurs et d’améliorer la continuité des soins pharmaceutiques dans un système de préparation et de distribution unique. Enfin, une entente spéciale permet aux infirmières à rôle élargi du Nunavik de faxer leurs prescriptions à la pharmacie Voyer dans le but d’obtenir une analyse des médicaments des patients dans un délai en bas de 48 heures. Bien que ce délai n’exempte pas le service des premières doses d’un nouveau médicament, il s’opère une analyse pharmaceutique qui, autrement, n’aurait jamais eu lieu.

Quant aux services pour la partie hospitalière, s’ils ne sont pas servis en vrac aux médecins ou infirmières qui administrent le médicament, ils seront servis en dose unique ensachée comme ce qui est observé dans les hôpitaux du Sud. En effet, la pharmacie du centre de santé Tulattavik de l’Ungava à Kuujjuaq s’est équipée depuis 2016 d’une ensacheuse qui leur permet ce type de distribution à dose unique, qui remplace l’ancien système de distribution à dose unique. Ce système fonctionnait sur la base d’un pilulier et la remise d’une fiche d’administration des médicaments (FADM). Il avait été introduit en 2012 par la pharmacienne de l’époque, lorsqu’il n’y avait pas encore la notion de « dose unique ». »

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : L’achat des médicaments

L’embauche des pharmaciens

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Il existerait plusieurs manières de catégoriser les différents types de pharmaciens qui œuvrent dans le Grand Nord. Deux d’entre-elles les englobent tous : les pharmaciens « réguliers » ou « permanents » et tous ceux qui ne le sont pas.

Il est entendu par régulier ou permanent un pharmacien qui revient plusieurs fois après sa première visite ou son premier essai. Ces pharmaciens peuvent signer des contrats avec une multitude de modalités : un mois ici et un mois au Sud, deux semaines ici et deux semaines au Sud, trois mois consécutifs puis deux au Sud. C’est à la convenance du chef du département et à celle du pharmacien de négocier ces modalités, en plus du salaire de ce dernier. Tant que le pharmacien revient plus d’une fois ou qu’il travaille pour une période de temps dépassant le seuil des six mois (un chiffre arbitraire, mais provenant d’un consensus non officiel), il sera embauché en tant que « régulier ».

À cause de la pénurie de pharmaciens dans le Nord, les établissements font présentement appel aux firmes de remplacements. C’est la deuxième méthode d’embauche, qui regroupe tous les autres types de pharmaciens qui pratiquent ici. La plupart acceptent des contrats d’un mois. Cependant, cette méthode d’embauche n’est pas celle qui est privilégiée par les chefs de département. Le désir de ceux-ci se résumé en la composition d’une équipe stable en rotation et d’une liste d’appel de pharmaciens ayant déjà travaillé dans leur pharmacie. »

Centre communautaire de Chisasibi, par Michelle Dubé
Le centre de santé Tulattavik de l’Ungava à Kuujjuaq, par David Pinard

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : La préparation et la distribution des médicaments

Les outils de travail des pharmaciens

Cette série sur l’histoire de la pratique pharmaceutique dans le Nord-du-Québec a été réalisée dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle réalisé par Tommy Taing, incluant un séjour à l’hôpital de Chisasibi à l’automne 2019. Un article publié à l’automne dans le Pharmactuel peut être consulté pour en apprendre davantage. Cette série présente des extraits d’une version longue de l’article.

« Au sujet des outils de travail mis à la disposition du pharmacien dans le Nord, ils sont dans leur ensemble très similaires sinon identiques à ceux retrouvés dans le Sud. Par contre, grâce à leur double mandat communautaire et hospitalier, les pharmaciens bénéficient d’un accès privilégié à plusieurs données, qui seraient plus difficile à obtenir au Sud dans une pharmacie communautaire. À noter que le mode de documentation privilégié dans le Nord-du-Québec demeure le papier. À Chisasibi, toutes les consultations d’un patient sont déposées dans son dossier-papier, qui se retrouve, lui, dans les salles d’archives de l’hôpital. Les professionnels peuvent toujours accéder à ces salles pour la consultation de l’un de ces dossiers. Bien qu’ils puissent sembler épais et imposants, toute l’information y est et se trouve à la disposition du pharmacien qui a une question ou à celui qui désire entreprendre des recherches pour aider un médecin. Quant aux dossiers pharmacologiques, ils ont été informatisés depuis l’implantation des premiers ordinateurs dans les laboratoires pour les besoins de la pratique. L’hôpital de Chisasibi a informatisé ses dossiers médicamenteux à partir de 1987, tandis que le centre de santé Tulattavik de l’Ungava à Au sujet des logiciels d’exploitation utilisés dans le Nord, ce sont aujourd’hui les mêmes qu’au Sud. GESHPARx a été implanté dans les établissements du Nunavik depuis 2018 seulement. Avant, les pharmaciens opéraient avec Omnipharm pour l’hôpital. Pour le volet communautaire, c’est AssystRx (anciennement LabXpert) qui se retrouve dans toutes les pharmacies du Nord. À l’hôpital de Chisasibi, ce logiciel a remplacé MediSolution depuis 1998 et est encore celui utilisé par ses pharmaciens, et ce, pour gérer les deux volets de la pharmacie. »

Un dossier patient, dans les archives à Chisasibi – Photo tirée des archives de Tommy Taing
Les équipements de la pharmacie de Kuujjuaq

On peut également consulter en ligne l’article détaillé sur le sujet publié sur le Pharmactuel à l’automne 2021.

La semaine prochaine : L’embauche de pharmaciens