De la cocaïne pour application à l’intérieur du nez

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 22 mars 1901

Retranscription partielle ou complète  

164988

Fr agrille
Ac. Boric 5.
Menthol 0.12
Cocaine HCL 0.20
Vaseline 25.

Gros comme un pois dans le nez
3 fois par jour

Dr Boulet

Commentaires
La cocaïne fût utilisée à partir des années 1880. Extraite de la feuille de coca, elle a d’abord été utilisée pour contrer les dépendances à la morphine et à l’alcool, ainsi que pour le traitement de la tuberculose. Son usage ophtalmique permis également de pratiquer, pour une première fois, une opération chez un patient totalement conscient, et ce, grâce à ses propriétés anesthésiques. À l’époque, on ignorait encore le fort potentiel d’abus de cette substance et le long sevrage nécessaire pour cesser la consommation.

En effet, la prise de cocaïne entraîne une stimulation importante, une certaine euphorie ainsi qu’une confiance en soi importante. Par contre, lorsque prise à haute dose ou sur une longue période de temps, celle-ci peut causer des hallucinations, de la paranoïa ainsi qu’une anxiété importante, alors qu’en dose toxique, des arythmies peuvent survenir.

Dès 1890, la cocaïne et des préparations furent inscrite à l’annexe A de la loi sur la pharmacie du Québec. Ainsi, seuls les licenciés en pharmacie avaient l’autorisation de préparer, dispenser et vendre la cocaïne.

La vaseline, dérivée du pétrole, était principalement utilisée comme base pour les pommades lors du XIXe siècle.

Codification locale : 2019-01-09 10.46.16

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 23 janvier 2019

Date de publication : 02 juin 2020

Sources :

Gerald MC. The Drug Book : From Arsenic to Xanax, 150 Milestones in the History of Drugs. Sterling Publishing. New York (US) : 2013. 528 p.

Sneader W. Drug Discovery A history. John Wiley & Sons, Ltd. Glasgow (UK) : John Wiley & Sons; 2005. 468 p.

Acte de Pharmacie de la Province de Québec. Loi de pharmacie du Québec. Section IV. 1890

Remington JP. The Practice of Pharmacy : A Treatise. 1887 [En ligne] https://books.google.ca/books?id=MUNHAQAAMAAJ&lpg=PA914&vq=aqua%20fontalis%20definition&dq=aqua%20fontalis%20definition&hl=fr&pg=PA914#v=onepage&q&f=false  (consulté le 23 janvier 2019)

Provoquer des vomissements

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 3 avril  1899

Retranscription partielle ou complète

161145

Rx

Baby Gilbert
Syr Ipecac 1 once

Sig

1 c. à thé toutes les dix
minutes jusqu’à vomissement

April 3/99

Dr La Gagnon

Commentaires
Originaire de l’Amérique du Sud, le sirop d’Ipéca était à la base prescrit pour traiter les dysenteries ou comme expectorant pour le soulagement de la toux. Par contre, plusieurs effets secondaires importants étaient fréquents avec ce produit pharmaceutique, notamment des troubles gastro-intestinaux, des nausées et des vomissements.

Plus tard, à partir des années 1960, le sirop d’Ipéca devint un incontournable à avoir chez soit afin d’induire le vomissement en cas d’ingestion d’une substance dangereuse. Cette pratique n’est par contre plus recommandée. Ce médicament a également beaucoup été utilisé par les personnes boulimiques afin d’induire le vomissement.

Cette ordonnance comprend certaines particularités intéressantes. Tout d’abord, on remarque qu’elle est au nom de «Baby Gilbert». Peu d’ordonnances, parmi les différents volumes semblent être adressées à des enfants, ou du moins, les noms, lorsqu’ils sont inscrits semblent habituellement référer à des adultes.

De plus, l’abréviation c. à thé est également rarement utilisée. Cette unité de mesure est habituellement écrite au long, que ce soit en français ou en anglais.

Codification locale : 2019-01-09 10.36.45

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 23 janvier 2019

Date de publication : 26 mai 2020

Sources :

Gerald MC. The Drug Book : From Arsenic to Xanax, 150 Milestones in the History of Drugs. Sterling Publishing. New York (US) : 2013. 528 p.

Une ordonnance de médecine héroïque

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 1 mars 1895

Retranscription partielle ou complète    

148319

Rx Calomel 1 grain
xxx pilules no 2

Une pilule le soir au coucher
une fois par jour

Dr Mercier

March 1/95

Commentaires
L’utilisation du calomel s’inscrit dans le courant de la médecine héroïque. Souvent utilisé en combinaison avec les saignées, dès les années 1780 et pour de nombreuses décennies, le calomel a été utilisé pour un nombre impressionnant d’indication.

Que ce soit pour traiter les infections aiguës, les pneumonies, les inflammations cérébrales, les hépatites, la fièvre, les maladies cutanées, la variole, la scarlatine, les rhumatismes, la goutte, ou autres problème de santé, les médecins ont longtemps vanté les bienfaits du calomel.

Le calomel est en fait du chlorure de mercure. Ses nombreuses propriétés ont su le rendre populaire au fil des années. En effet, le calomel était reconnu comme tonique, excitants, relâchant, purgatif, vermifuge, antispasmodique et stimulant pour plusieurs organes sécréteurs notamment. En effet, sa consommation entraînait une augmentation de la salivation, de la production biliaire et de la sueur principalement.

Ensuite, comme plusieurs ordonnances qui datent des années 1890, on peut facilement distinguer que deux crayons différents ont été utilisés pour l’écriture de cette ordonnance. Ainsi, on peut supposer que certaines informations ont été ajoutées à posteriori.

Codification locale : 2019-01-09 10.16.29

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 19 mai 2020

Sources :

Gerald MC. The Drug Book : From Arsenic to Xanax, 150 Milestones in the History of Drugs. Sterling Publishing. New York (US) : 2013. 528 p.

Chast F. Histoire contemporaine des médicaments. La découverte. Paris (FR) : La découverte Poche; 2002. 415 p.

Bernard JC. Formulaire de l’hôpital Sainte-Justine. Montréal (QC); 1935. 163  p.

Répertoire général des sciences médicales au XIXe siècle. [En ligne] https://books.google.ca/books?id=FjxHAQAAMAAJ&lpg=RA1-PA213&vq=bicarbonate&dq=camphre%20indication%2019e%20siecle&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=true (consulté le 22 janvier 2019)

De la digitaline pour les problèmes cardiaques

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 26 juin 1894

Retranscription partielle ou complète

146316

Mde de Kersabiac

Wasnere

Rx
Digitaline xx gram
No 26

Sig

Une à la dose (digitaline)

Dr Mignault

June 26th/94

Commentaires
La digitaline est une substance extraite de la plante Digitale pourprée. La cristallisation de la digitaline a eu lieu pour la première fois en 1867.

Pour ses propriétés sédatives, diurétique, controstimulante et hémostatique, elle fût rapidement utilisée pour le traitement de l’insuffisance cardiaque, mais également afin de contrôler le rythme cardiaque. La digitaline a même été surnommée l’opium du cœur.

Dès 1890, la digitale et ses préparations fût ajoutés à l’annexe A de la loi sur la pharmacie. Ainsi, seul les pharmaciens et autres licenciés en pharmacie pouvait la préparer, la distribuer et la vendre. Dans les années 1920, la digoxine fût à son tour extraite de cette même plante. Ce principe actif est, encore de nos jours, utilisé pour le traitement de l’insuffisance cardiaque ainsi que pour celui de la fibrillation auriculaire.

L’information quant à la prise du médicament est très incomplète sur cette prescription. En effet, aucune indication quant au moment de prise ou à l’intervalle entre deux prises n’est inscrite.

Aussi, contrairement à la majorité des pages de l’ordonnancier, le numéro de la prescription semble avoir été inscrit avec un crayon différent du reste de la prescription. De plus, les espacements entre les prescriptions sont constants, alors qu’habituellement, l’espace occupé par une prescription dépend de la longueur de celle-ci. Ainsi, il est probable que les lignes séparant les ordonnances ainsi que les numéros d’ordonnances aient été inscrits à l’avance.

Codification locale : 2019-01-09 10.13.11

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 12 mai 2020

Sources :

Gerald MC. The Drug Book : From Arsenic to Xanax, 150 Milestones in the History of Drugs. Sterling Publishing. New York (US) : 2013. 528 p.

Chast F. Histoire contemporaine des médicaments. La découverte. Paris (FR) : La découverte Poche; 2002. 415 p.

Bernard JC. Formulaire de l’hôpital Sainte-Justine. Montréal (QC); 1935. 163  p.

Acte de Pharmacie de la Province de Québec. Loi de pharmacie du Québec. Section IV. 1890

Un emplâtre de grenouille?

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 4 avril 1893

Retranscription partielle ou complète  

142254

M. Roy

Rx Emplatre Vigo

Sig
Appliquer sur le point
malade

4 Apr 93

S. A. Brodeur

Commentaires
Un emplâtre est un médicament qui est fait d’une substance gluante et consistante. Celle-ci se ramollit lorsque elle est sous l’effet de la chaleur et colle alors aux corps avec lesquels il entre en contact. L’emplâtre de Vigo était aussi appelé l’emplâtre de grenouilles ou l’emplâtre mercuriel, selon les références consultées. Il était parfois utilisé pour faire cesser les éruptions caractéristiques de la variole au niveau du visage avec une certaine efficacité. La théorie de l’efficacité causée par un gène mécanique est possible. Celui-ci a également été utilisé pour traiter les éruptions causées par le zona.

L’emplâtre est parfois encore utilisé de nos jours, bien que la définition que nous en faisons maintenant soit légèrement différente. Ils sont maintenant définis comme des préparations souples ayant pour objectif d’assurer un contact étroit entre la peau et la substance active. Il s’agit d’un dispositif recouvert d’une couche devant être retiré avant l’application qui est appliqué par pression sur la peau. Cette prescription est ainsi particulière par sa forme pharmaceutique. Elle démontre aussi un grand manque de précision quant aux indications inscrites dans l’ordonnancier. En effet, il n’y a aucune indication quant à la durée pendant laquelle l’emplâtre doit être conservé.

Codification locale : 2019-01-09 10.05.18

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 05 mai 2020

Sources :

CNRTL. Emplâtre. [En ligne] http://www.cnrtl.fr/definition/empl%C3%A2tre (consulté le 22 janvier 2019)

Kauffeisen L. Nos vieux emplâtres (suite et fin). In: Bulletin de la Société d’histoire de la pharmacie, 15ᵉ année, n°56, 1927. pp. 494-500. [En ligne] https://www.persee.fr/doc/pharm_0995-838x_1927_num_15_56_1694 (consulté le 22 janvier 2019)

Encyclographie des sciences médicales. Répertoire général de ces sciences au XIXe siècle. [En ligne] https://books.google.ca/books?id=g0JHAQAAMAAJ&lpg=PA284&ots=9TSBgfY8-6&dq=emplatre%20de%20vigo%2019e%20siecle&hl=fr&pg=PP11#v=onepage&q&f=false (consulté le 22 janvier 2019)

Bouchardat M. Manuel de matière médicale de thérapeutique et de Pharmacie. 1865 [En ligne] https://books.google.ca/books?id=ZEM8eOjJWtIC&lpg=PA522&ots=HgKjL85Mqo&dq=empl%C3%A2tre%20utilisation%20vigo&hl=fr&pg=PP9#v=onepage&q&f=false (consulté le 22 janvier 2019)

Bolzinger MA, Briançon S, Chevalier Y, Puel F. Techniques de l’ingénieur. Formulation des systèmes pâteux ou préparations semi-solides : emplâtres. 2015 [En ligne] https://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/biomedical-pharma-th15/mise-en-forme-des-medicaments-42611210/formulation-des-systemes-pateux-ou-preparations-semi-solides-pha2016/emplatres-pha2016niv10008.html (consulté le 22 janvier 2019)

Le sérum du bon pasteur

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 27 janvier 1892

Retranscription partielle ou complète  

136291

Sérum du Bon pasteur
Rx acid chromic 4 drachmes
Eau 5 onces

No charge

xxx Une application. Pourra
être renouvellée au bout
de 15 jours

jan 27/92

Dr Manseau

Commentaires
L’acide chromique est un agent caustique, soit un agent qui a la propriété de brûler les tissus, qui était utilisé lors du XIXe siècle. Il était utilisé pour détruire les chancres, soit une érosion ou une ulcération de la peau, ainsi que pour enlever les excroissances au niveau des organes génitaux causées par la syphilis. Cette substance entraînait une plaie importante à l’endroit où elle était appliquée.

Une des particularités importantes de cette ordonnance est l’inscription «no charge» à la gauche de l’ordonnance. À cet endroit, sur un nombre très important d’ordonnances, figurent des symboles dont la signification est difficile à trouver. En effet, ces symboles ne figurent pas dans les volumes parlant de pharmacie de l’époque. De plus, pour bon nombre d’ordonnances, ceux-ci n’ont pas été écrit avec le même crayon et l’écriture est parfois différente. Ainsi, une piste intéressante, vu l’inscription «no charge», est que ces symboles représentent les modalités de vente des préparations, soit à savoir celles qui ont été payées, celles pour lesquelles un crédit a été fait ou celles pour lesquelles il y a d’autres modalités de paiement.

Également, il est intéressant d’observer l’inscription d’une certaine durée de traitement, qui n’est habituellement pas inscrite. En effet, la répétition possible au bout de 15 jours donne une information quant à la durée du traitement.

Codification locale : 2019-01-09 09.56.20

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 28 avril 2020

Sources :

Guibert V. Histoire naturelle et médicale des nouveaux médicaments introduits dans la thérapeutique depuis 1830 jusqu’à nos jours. 1860 [En ligne] https://books.google.ca/books?id=NDr4Vpd7K98C&lpg=PA536&ots=DZmbkzqWsR&dq=acide%20chromique%20m%C3%A9dicament&hl=fr&pg=PP7#v=onepage&q&f=false (consulté le 22 janvier 2019)

Une autre solution de codéine

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 31 mai 1890

Retranscription partielle ou complète  

128144

Mrs Ross

Rx Codeine sulph x grains
Bismuth Submit x grains
Syr Aurand 1 once
Mucilag Acacia 1 once
Aq ad 4 onces

One dessertspoonful in some
water every 3 hours

31 May 90

Dr Bosman

Commentaires
La codéine est, tout comme la morphine, un dérivé de l’opium. Il a été extrait de l’opium pour la première fois en 1832. Il s’agit d’un opioïde principalement utilisé comme antitussif dans les affections respiratoires, mais également comme analgésique pour le traitement de la douleur. Son efficacité comme analgésique est, par contre, beaucoup plus faible de la morphine, mais il cause moins de sédation et a un potentiel d’abus plus faible. Il s’agit de l’opioïde le plus utilisé au niveau mondial. De nos jours, c’est principalement le dextrométhorphane qui est utilisé comme antitussif au lieu de la codéine. Celui-ci est un dérivé de la morphine également, sans toutefois être un opioïde. Ainsi, il est plus sécuritaire et son potentiel d’abus est beaucoup moindre.

Dès 1875, l’opium et ses préparations ont été inscrites à l’annexe A de la loi sur la pharmacie, soit les médicaments qui doivent obligatoirement être vendus par un licencié en pharmacie. En 1890, la morphine, ses sels et ses préparations y ont été ajoutés. Par contre, en 1890, la codéine ne faisait pas précisément  partie de la loi sur la pharmacie. Et ainsi, il semble que la préparation, la dispensation et la vente de morphine pouvait être effectué par un non-pharmacien.

Cette préparation contient également du mucilage d’Acacia, un des mucilages les plus utilisés au XIXe siècle. Ainsi, on peut prévoir une préparation plus épaisse considérant que le mucilage est une substance extraite des plantes qui gonfle au contact de l’eau.

Codification locale : 2019-01-09 09.41.57

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 21 avril 2020

Sources :

Gerald MC. The Drug Book : From Arsenic to Xanax, 150 Milestones in the History of Drugs. Sterling Publishing. New York (US) : 2013. 528 p.

Chast F. Histoire contemporaine des médicaments. La découverte. Paris (FR) : La découverte Poche; 2002. 415 p.

Bernard JC. Formulaire de l’hôpital Sainte-Justine. Montréal (QC); 1935. 163  p.

Statuts de la province de Québec. Loi de pharmacie, 37 Victoria, chapitre 37, 1875.

Acte de Pharmacie de la Province de Québec. Loi de pharmacie du Québec. Section IV. 1890

Larousse. Mucilage. [En ligne]. https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/mucilage/53080 (consulté le 22 janvier 2019)

Une huile nord-américaine dans les préparations de H.R. Gray

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 10 mai 1889

Retranscription partielle ou complète  

123479

Rx pil morph ½ grains
No 8

Sig
One every 2 to 6 hours as
required

123480

Rx Sod Salicylas 4 drachmes
Jr Cardam Co 1 once
Ol Gaultheri 1 drachme
Glycerine 1 once
Aqua ad 6 onces

A dessertspoonful in
water every four hours

May 10/89

Dr McConnell

Commentaires
Le salicylate de soda (Sod Salicylas) est une substance qui, lors du XIXe siècle, était utilisé pour le traitement des affections névralgiques ou rhumatismales.

L’huile de gaulthérie est extraite d’une plante, la gaulthérie, qui pousse en Amérique du Nord. L’huile est incolore, mais a une odeur agréable. Au Canada, au XIXe siècle, les feuilles de gaulthérie sont parfois utilisées en infusion dans un objectif antidiarrhéique, astringent et tonique. Il est également utilisé de manière topique pour le traitement des rhumatismes. Cette plante est également parfois utilisé comme aromatique et diurétique. Elle a notamment souvent été utilisée pour aromatiser les dentifrices, en combinaison avec la menthe et l’eucalyptus.

La glycérine, lors de l’adoption de la loi sur la pharmacie de 1885, est inscrite à l’annexe B, soit parmi les médicaments devant être vendu dans un contenant enveloppé avec une étiquette sur laquelle est inscrite la substance contenue. Par contre, la vente n’est pas exclusive aux pharmaciens.

Lorsque, en 1890, l’annexe B ne fait plus partie de la loi, la glycérine ne se trouve plus dans la loi sur la pharmacie.

Codification locale : 2019-01-09 09.31.29

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 14 avril 2020

Sources :

Remington JP. The Practice of Pharmacy : A Treatise. 1887 [En ligne] https://books.google.ca/books?id=MUNHAQAAMAAJ&lpg=PA914&vq=aqua%20fontalis%20definition&dq=aqua%20fontalis%20definition&hl=fr&pg=PA914#v=onepage&q&f=false  (consulté le 22 janvier 2019)

Dictionnaire de médecine, chirurgie, pharmacie, de l’art vétérinaire et des sciences qui s’y rapportent [En ligne] https://books.google.ca/books?id=lRNZAAAAcAAJ&lpg=PA1454&ots=iP741yrRmj&dq=spt%20spiritus%20liquide&hl=fr&pg=PA1424#v=onepage&q&f=false (consulté le 22 janvier 2019)

Se connaître : De l’introspection à la culture. La gaulthérie, protectrice de la maison. 2009 [En ligne] http://mieux-se-connaitre.com/2009/10/la-gaultherie-protectrice-de-la-maison/ (consulté le 22 janvier 2019)

Statuts de la province de Québec. Loi de pharmacie de Québec. Chapitre 36. 1885

Acte de Pharmacie de la Province de Québec. Loi de pharmacie du Québec. Section IV. 1890

De l’onguent à base de mercure

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 2 Novembre 1888

Retranscription partielle ou complète  

120983

Rx Onguent Napolitain 80 grams

Divide in 10 paquets
Se servir d’un paquet tous les jours
pour frictionner l’une de quatre régions
suivant : la face interne de deux cuisses
et les deux aisselles

120984

Rx Brom de potass
Iod de potas àà 20 grams
Eau 250 gramms
Sirop d’écorce d’orange 30 grams

En prendre une cuillerée a
soupe matin et soir dans une tasse
de lait

Dr Brodeur

Commentaires
L’onguent napolitain était autrefois utilisé pour le traitement de la syphilis principalement.  Il était composé d’un mélange d’axonge et de mercure. L’axonge est en fait une graisse de porc fondue qui était alors régulièrement utilisée dans la préparation de pommade. L’objectif de cet onguent était de faire pénétrer le mercure dans la peau. Ensuite, on croyait que le mercure se liait avec l’acide qui causait la maladie et était ensuite éliminé par salivation. Ainsi, en détruisant l’acide que l’on croyait, à l’époque, qui causait la maladie, il faisait disparaître les nodules, les pustules et les ulcères vénériens.

Le paquet est une forme pharmaceutique qui désigne une poudre mise dans du papier plié afin d’obtenir un emballage hermétique. Il s’agit d’un format unidose. Ainsi, considérant qu’il s’agit d’un onguent, l’utilisation du terme paquet ne correspond pas à la définition de la forme pharmaceutique.

Cette ordonnance comprend le symbole «àà» qui signifie «de chaque». Cette appellation est régulièrement utilisée dans le volume. En effet, à de nombreuses reprises, la quantité de certains ingrédients pour les préparations n’est pas inscrite directement à côté. Il faut alors de référer à la quantité inscrite après le symbole «àà».

Dans cette ordonnance, il est facile de remarquer que les symboles inscrits à la droite de l’image n’ont pas été inscrit en même temps que les ingrédients et la posologie. En effet, ni le crayon utilisé, ni l’écriture ne sont les mêmes. Les symboles à la gauche de l’image semblent ainsi avoir été inscrits après l’inscription de l’ordonnance.

Codification locale : 2019-01-09 09.23.08

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 22 janvier 2019

Date de publication : 07 avril 2020

Sources :

CNTRL. Napolitain. [En ligne] http://www.cnrtl.fr/definition/napolitain (consulté le 22 janvier 2019)

Cordial. Axonge. [En ligne] https://www.cordial.fr/dictionnaire/definition/axonge.php (consulté le 22 janvier 2019)

Laboratoire de biopharmacie, pharmacie galénique et hospitalière. Préparation de paquets. [En ligne] http://unt-ori2.crihan.fr/unspf/2010_Lille_Barthelemy_Decaudin_Odou_TP_pharmacie/co/Paquets_1.html (consulté le 22 janvier 2019)

Kauffeisen L. Le déclin d’une drogue : L’onguent napolitain. Dans: Bulletin de la Société d’histoire de la pharmacie, 13ᵉ année, n°46, 1925. pp. 72-80. [En ligne] https://www.persee.fr/doc/pharm_0995-838x_1925_num_13_46_1612 (consulté le 22 janvier 2019)

Du beurre de cacao pour les composés vaginaux

Dans le cadre d’un stage à thématique optionnelle de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal (Julie Bolduc, candidate au Pharm.D.), du 150ème anniversaire de l’Ordre des pharmaciens du Québec (2020) et du 100ème anniversaire de la faculté de Pharmacie de l’Université de Montréal (1919-1920), nous avons exploré l’ordonnancier de Henry Robert Gray, pharmacien québécois ayant exercé la pharmacie au Québec de 1859 à 1907.  Dans le cadre de ce projet, nous avons réalisé une quarantaine de blogues mettant en évidence sa contribution et le contenu de son ordonnancier.  On peut consulter les 54 volumes de l’ordonnancier à la Bibliothèque des livres rares et collections spéciales à l’Université de Montréal.  Dans le cadre du projet, certains éléments des textes consultés demeurent non interprétés et sont marqués de xxxx.  Les utilisateurs du blogue sont bienvenus de proposer des interprétations en écrivant à jean-francois.bussieres.hsj@ssss.gouv.qc.ca.

Extrait de l’ordonnancier en version manuscrite (encadré rouge)

Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université de Montréal

Date : 11 avril 1888

Retranscription partielle ou complète  

118609

Rx Iodoform 10 grains
Acid. Tannic 5 grains
Beurre de cacao 2 x

xx-Suff cos vaginal I mritte 6

April 11/88

Dr Jeannotte

Commentaires
L’iodoforme est devenu, dans les années 1870 très populaire comme antiseptique. Il était utilisé dans de nombreux hôpitaux pour la désinfection. Ses propriétés anesthésiques ont également été utilisées.

L’acide tannique était utilisé au XIXe siècle pour ses propriétés astringentes.

Le beurre de cacao était utilisé comme base pour les suppositoires principalement. Il était considéré au XIXe siècle comme une des meilleures bases pour cette forme pharmaceutique.

Une des particularités importantes de cette prescription est la forme pharmaceutique ainsi que la voie d’administration qui a été prescrite. En effet, dans l’ensemble de l’ordonnancier, c’est la voie orale qui représente la majorité des ordonnances. Il y a quand même certaines crèmes, onguents, liniments ou autres formulation à application topique. Par contre, il y a très peu de composés vaginaux dans l’ensemble de l’ordonnancier. Il est donc intéressant d’observer cette pratique de l’époque.

Codification locale : 2019-01-08 16.50.31

Auteure : Julie Bolduc

Date de rédaction : 21 janvier 2019

Date de publication : 31 mars 2020

Sources :

Chast F. Histoire contemporaine des médicaments. La découverte. Paris (FR) : La découverte Poche; 2002. 415 p.

Remington JP. The Practice of Pharmacy : A Treatise. 1887 [En ligne] https://books.google.ca/books?id=MUNHAQAAMAAJ&lpg=PA914&vq=aqua%20fontalis%20definition&dq=aqua%20fontalis%20definition&hl=fr&pg=PA914#v=onepage&q&f=false  (consulté le 21 janvier 2019)